Positionner différemment la batterie d'une voiture électrique pourrait aider à augmenter son autonomie en rendant le véhicule plus aérodynamique. Mais cela soulève quelques défis techniques.

Comment améliorer l’autonomie du véhicule ? La question obsède tous les constructeurs de voitures électriques. La plupart des recherches se concentrent sur l’amélioration des capacités de stockage, et la vitesse de recharge des batteries. Mais d’autres actions plus inattendues pourraient avoir des effets positifs dans ce domaine.

D’après les travaux de la startup Page-Roberts, repérés par The Next Web le 7 juin 2021, le simple fait de positionner différemment la batterie du véhicule pourrait ainsi augmenter significativement l’autonomie de ce dernier.

Placer la batterie verticalement permettrait de créer des véhicules plus aérodynamiques selon Page Roberts // Source : Page Roberts

Placer la batterie au centre et à la verticale

À l’heure actuelle, les constructeurs de voitures électriques optent en général pour une disposition des sièges standard — les quatre sièges sont tournés dans la même direction — et ils placent les batteries horizontalement, sous le « sol » de la voiture. D’après Robert-Pages, ce type de design a cependant de sérieux inconvénients.

« Cela aboutit à des véhicules plus grands avec une aérodynamique moins bonne, avec les pertes énergétiques qui en découlent (en particulier à des vitesses élevées). Ces véhicules plus grands ont par ailleurs besoin d’une structure plus volumineuse pour être protégés en cas d’impact, et d’un espace accru entre les deux essieux pour contenir la batterie. »

Ces dimensions et ce poids plus élevé entravent considérablement l’autonomie des véhicules électriques, estime le PDG de Page-Roberts. « En déplaçant simplement l’emplacement de la batterie nous avons abouti à une solution bien plus efficace », assure-t-il. La startup a ainsi breveté un design où la batterie est placée verticalement au milieu du véhicule. Cela nécessite de modifier la disposition des sièges : les passagers à l’avant et à l’arrière se tournent le dos. De cette façon, la batterie n’empiète pas sur l’espace permettant aux personnes à l’arrière d’étendre un minimum leurs jambes.

Des véhicules électriques plus légers et plus efficients

D’après Page-Roberts, ce design permet de créer des voitures électriques plus compactes et plus aérodynamiques. « Les véhicules ainsi construits seront plus légers (…) et jusqu’à 30 % plus efficients sur le plan énergétique. Cela permettra au choix d’augmenter l’autonomie ou d’utiliser des batteries plus petites  pour un seuil équivalent ». La startup affirme également que ce design permet de réduire les coûts de fabrication d’un véhicule de 36 %.

Ce type de projet a le mérite d’inciter les constructeurs à ne pas se cantonner aux solutions habituelles pour améliorer l’autonomie, et à essayer de sortir des sentiers battus. Comme le reconnait la société Page-Roberts elle-même, ce design ne sera toutefois pas adapté à tout type de véhicules, mais plutôt aux voitures de petit gabarit. Ce design pose plusieurs défis, notamment le fait qu’il rehausse le centre de gravité du véhicule, ce qui peut avoir un impact sur la fluidité de la conduite et la tenue du véhicule sur la route. Le fait que les passagers à l’arrière soient dans le sens inverse de la marche ne plaira sans doute pas non plus à tout le monde.

L’autonomie des voitures électriques s’améliore

L’amélioration des capacités des batteries est de toute manière en marche. Comme le note l’Agence internationale de l’Énergie (AIE), « l’autonomie moyenne des véhicules électriques à batterie augmente de manière régulière ». En 2020, elle était en moyenne de 350 km contre 200 km en 2015. Le marché des voitures électriques se développe en conséquence : en 2020, il a atteint la barre symbolique des 10 millions de véhicules sur les routes. C’est encore peu : il se vend ainsi 10 fois plus de SUV que de voitures électriques. Le marché des voitures électriques se développe néanmoins rapidement, notamment en Europe où circulent désormais 3,2 millions de véhicules de ce type. La Chine reste cependant le pays où l’on en trouve le plus : 4,5 millions de véhicules électriques sillonnent désormais ses routes.

Le déploiement d’infrastructures de recharge reste toutefois un point crucial pour accélérer le mouvement. Même si les véhicules sont la plupart du temps rechargés à domicile ou au bureau, le fait d’avoir à disposition des équipements permettant de faire le plein si besoin reste un critère crucial pour les clientes et clients hésitants. Pour l’heure, leur nombre est encore limité : on dénombrait ainsi 1,3 million de bornes de recharge en 2020 dont seulement 30 % proposant des charges rapides, indique l’AIE.  Le déploiement a du reste été ralenti avec la crise sanitaire du coronavirus. Il va donc falloir reprendre un rythme plus soutenu.

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