La Citroën Ami met en lumière la catégorie des véhicules sans permis. Mais qui peut les conduire ? Quelles sont les restrictions ? Faut-il quand même une formation ? Quid de l'assurance ? On fait le point.

Citroën a opté pour une approche très osée avec son nouveau véhicule électrique, baptisé Ami. Derrière ce nom attirant se cache un quadricycle léger pouvant être conduit sans permis. Avec ce produit, Citroën vise un maximum de monde, y compris les jeunes qui en auraient assez de prendre le bus pour se rendre au lycée.

Qu’est-ce que la conduite sans permis ? Qui est concerné ? Comment apprend-on les rudiments du pilotage ? Quelles sont les restrictions ? On fait le point sur cette porte d’entrée vers une mobilité simple et très accessible.

Citroën Ami // Source : Citroën

Quels sont les véhicules sans permis en France ?

En France (et en Europe), on peut conduire certains véhicules sans détenir le permis de conduire. Sont concernés :

  • les cyclomoteurs (moteur de 50 cm3),
  • les quadricycles légers à moteur (deux places, puissance maximum de 6 kW),
  • les voitures électriques peu puissantes (moins de 1 kW)
  • et les véhicules dédiés à un usage sportif (licence obligatoire) ou utilisés dans le cadre d’une activité agricole (dont la vitesse ne dépasse pas 40 km/h).

La Citroën Ami répond parfaitement aux critères des quadricycles légers à moteur : elle est biplace, la puissance de son moteur ne dépasse pas les 6 kW, son habitacle est fermé et elle ne peut pas dépasser une vitesse de 45 km/h. En France, on a l’habitude d’appeler ces voiturettes des ‘pots de yaourt’ en raison de leur design cubique et minuscule.

Qui peut conduire un véhicule sans permis ?

En France, on peut conduire un véhicule sans permis dès l’âge de 14 ans (sauf les véhicules agricoles, accessibles à partir de 16 ans).

À noter qu’un véhicule sans permis peut revêtir un vrai intérêt pour celles et ceux qui auraient perdu leur permis en raison d’une ou plusieurs infractions. Sur ce point, le Service Public précise toutefois : « Vous pouvez conduire un cyclomoteur ou un quadricycle léger sauf si la sanction judiciaire a étendu l’interdiction à ces véhicules (par exemple, en cas de récidive d’alcoolémie). »

Bien évidemment, si vous êtes titulaire du permis de conduire (B), vous aurez tout le loisir de piloter ces véhicules plus limités.

Voiture AIXAM Minauto // Source : AIXAM

Y a-t-il une formation à passer ?

Attention, la dénomination ‘voiture sans permis’ est légèrement trompeuse, dans le sens où il faut quand même disposer du BSR (brevet de sécurité routière) pour être autorisé à rouler — correspondant au permis AM. Cette obligation s’applique à toutes les personnes nées après 1988 et sert, en quelque sorte, de volet de sécurité avant de se lancer dans le grand bain. « Conduire une voiture sans permis ne dispense pas d’apprendre à conduire ! », clame le constructeur spécialiste Aixam sur son site.

Le BSR se compose de :

  • Une formation théorique : il s’agit soit de l’attestation scolaire de sécurité routière (obtenue pendant le collège) soit de l’attestation de sécurité routière (pour celles et ceux qui n’auraient pas l’équivalent scolaire) ;
  • Une formation pratique d’une durée minimum de 8 heures selon deux options (quadricycle léger ou cyclomoteur).

Une école de conduite se charge de la formation pratique, pour un coût compris entre 150 et 400 euros. Elle sert à apprendre les rudiments de la conduite (notions de code de la route, sensibilisation aux risques, conduite sans circulation puis avec). Les mineurs doivent être accompagnés d’un parent ou d’un représentant légal pour obtenir l’attestation valable quatre mois (le titre final n’est délivré qu’après).

Le BSR, quand il est obtenu après le 19 janvier 2013, est valable 15 ans et fait foi dans tous les pays de l’Union européenne (attention, l’âge minimum peut varier d’un pays à l’autre). Un BSR obtenu avant cette date n’a aucune période de fin mais n’est valable qu’en France.

Citroën Ami // Source : Citroën

Faut-il assurer et immatriculer un véhicule sans permis ?

Pour utiliser une voiturette, il est nécessaire de passer par la case immatriculation (carte grise dont le coût dépend de la région) — comme une voiture classique. À cet effet, une plaque d’immatriculation est obligatoire à l’arrière (optionnelle à l’avant). En revanche, il n’y a aucun contrôle technique à passer.

Concernant l’assurance, il faut que le véhicule sans permis entre au minimum dans le cadre de la responsabilité civile (pour l’indemnisation des tiers en cas d’accident). D’autres options peuvent être envisagées, mais sans clause de bonus/malus. Si votre voiturette n’est pas assurée, vous risquez une amende pouvant grimper jusqu’à 150 euros.

Quelles sont les restrictions d’un véhicule sans permis ?

Comme elles sont majoritairement conduites par des personnes qui n’ont pas le permis, les voiturettes sont très limitées. Ainsi, elles ne peuvent pas rouler à plus de 45 km/h. Cette vitesse restreinte, largement suffisante en ville, interdit la circulation sur les voies express et les autoroutes (ce serait de toute manière trop dangereux pour tout le monde).

Les voitures sans permis reposent sur un fonctionnement simple avec une boîte automatique qui permet aux conducteurs de se concentrer essentiellement sur la direction. Cela veut dire qu’elles ne se pilotent qu’avec le pied droit (une pédale de frein, une pédale d’accélération). Bien sûr, il est nécessaire d’avoir un comportement responsable, à l’égard de soi et des autres.

Crédit photo de la une : AIXAM

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