Les frais de congestion ou d’occupation apparaissent parfois comme une mauvaise surprise sur la facture d’une recharge rapide. Que sont ces frais ? Quels opérateurs les utilisent, et dans quels cas ? Numerama décrypte.

Avec les grands départs, pour les ponts ou les vacances scolaires, il y a parfois embouteillage sur les stations de recharge des grands axes. Une des solutions trouvées par les opérateurs de recharge consiste à sanctionner financièrement les véhicules qui restent trop longtemps à la borne. Cette démarche n’est pourtant pas toujours bien comprise des automobilistes.

Les frais d’occupation (de congestion ou d’inactivité selon les opérateurs) sont encore méconnus de certains conducteurs de voitures électriques. C’est notamment le cas de ceux qui utilisent peu le réseau de recharge public au quotidien. Pour ne rien faciliter, chaque opérateur choisit ou non d’en appliquer et dans quelles conditions, ce qui rend le tout encore moins lisible.

La chasse aux voitures ventouses est lancée

Sur les grands départs, la fluidité des stations de recharge devient essentielle. Et quand l’attente s’allonge, découvrir que certaines bornes sont occupées inutilement suffit à faire monter la tension.

Station Ionity pleine sur l'autoroute // Source : Raphaelle Baut pour Numerama
Station Ionity pleine sur l’autoroute // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

Compter sur le civisme et une certaine autorégulation des automobilistes ? Hélas, cela ne marche pas. Il ne viendrait pas à l’idée de rester garé devant une pompe à essence le temps du déjeuner après son plein de carburant, pourtant, c’est ce que font certains conducteurs de voitures électriques.  

Et malgré les recommandations d’éviter de charger au-delà de 80 %, notamment lorsqu’il y a de l’attente, la réalité du terrain est toute autre. Certains opérateurs ont décidé de sévir : à la fois pour l’intérêt des autres clients de la station et pour leur propre rentabilité.

Cette mesure est souvent mal perçue. En fonction de la manière dont est calibrée l’application des frais d’occupation, les utilisateurs se sentent lésés. Peu importe la solution choisie par l’opérateur, cela fait débat.

Par exemple, lorsqu’il y a un déclenchement à partir d’une recharge ayant atteint 80 %, certains automobilistes s’interrogent : « on n’a jamais bridé le plein d’essence à 80 % » ou « et si j’ai besoin de plus pour compenser la surconsommation sur autoroute ? ». Lorsque les frais dépendent de la durée de charge, d’autres critiques reviennent souvent : « et si ma voiture charge lentement ? C’est double sanction, c’est injuste » (temps d’arrêt long et surfacturation).

Une station de recharge Electra. // Source : Electra
Electra a introduit des frais d’occupation au-delà de 75 minutes. // Source : Electra

Les frais de congestion pourraient se généraliser pour limiter les voitures ventouses. Sur le principe, l’idée semble logique. Dans les faits, elle continue pourtant de diviser.

Les réseaux de recharge qui appliquent des frais de congestion / occupation

La majorité des réseaux n’ont pas encore fixé de frais d’occupation (18 sur les 25 observés), mais sur les derniers mois, plusieurs opérateurs ont changé de stratégie pour favoriser la rotation sur leurs bornes de recharge. La situation peut donc rapidement évoluer, notamment à l’approche des chassés-croisés de la période estivale.

Voici les réseaux qui appliquent des frais en mai 2026 :

OpérateurSurcoûtConditions nécessaires
Tesla0,50 €/minuteDes frais de congestion sont possibles quand le Superchargeur est jugé très fréquenté (la définition est un peu floue chez Tesla, même sans saturation complète de la station, ces frais peuvent parfois être activés). L’écran ou l’application vous signaleront si des frais de congestion sont activés, n’ignorez pas cet avertissement.
Ils s’appliquent à partir de 80 % de recharge ou si votre session est terminée, mais que vous restez branché sans activité.
Electra0,40 €/minDes frais d’occupation sont facturés au-delà de 75 minutes.
Allego0,25 €/min45 minutes après le début de la séance, si la recharge est terminée, les frais de dépassement de temps commenceront à s’appliquer (c’est aussi valable pour les bornes Carrefour Energie gérées par Allego).
Izivia Fast0,30 €/minSurcoût après 1h de charge, quel que soit l’horaire. Toutes les minutes et les kWh entamés sont dus.
TotalEnergies0,40 €/minLes frais d’occupation s’enclenchent à partir de 45 minutes de recharge ou de présence (branché mais recharge finie).
E-Vadea6 €/15 minutesSur autoroute, lorsque la charge est terminée, les frais d’occupation s’enclenchent. Tout 1/4 d’heure entamé est dû. Les 5 premières minutes restent offertes.
Avia Volt2 €/15 minLes frais d’occupation sont facturés au bout de 2 heures de branchement sur autoroute.

Ionity n’applique pas, à ce jour en France, de frais d’occupation. À l’inverse d’autres acteurs, cela pourrait pourtant s’avérer particulièrement utile pour fluidifier certaines stations rapidement saturées par le manque de bornes ou les pannes (en plus du manque de civisme).

Station de recharge Ionity pleine // Source : Raphaelle Baut pour Numerama
Station de recharge Ionity pleine // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

Attention aux changements discrets

Même les utilisateurs les plus rodés à la recharge publique peuvent se faire surprendre par ces changements qui peuvent intervenir sans communication préalable de l’opérateur. C’est le cas des frais d’occupation qui n’existaient pas chez la plupart des opérateurs (comme Electra), il y a quelques mois.

À défaut d’un affichage plus clair en station (totem), il revient au client d’être vigilant avec la tarification des bornes de recharge en vérifiant systématiquement sur l’application s’il y a du changement. Attention également à certains réseaux, comme Driveco, qui peuvent parfois facturer une occupation à la minute en plus de l’énergie délivrée, sans que les instructions soient forcément claires au moment de se brancher. C’est une autre manière d’éviter les véhicules qui s’éternisent aux bornes.

Le coût de la recharge manque de transparence, d’autant plus si vous utilisez des badges ou votre CB en direct sur la borne, sans vérifier les tarifications en amont. Faites donc attention aux surcoûts possibles qui se cachent dans les petites lignes.

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