Toutes les planètes semblent enfin s’aligner : les voitures électriques progressent chaque jour, et l’infrastructure de recharge s’est rapidement développée. Il y a pourtant encore comme un caillou dans la chaussure : la recharge publique empêche encore l’expérience d’être aussi fluide qu’avec un véhicule thermique.
Quand on en fait régulièrement l’expérience, difficile de contredire ceux qui estiment que « la recharge sur long trajet, c’est encore trop compliqué. » Et c’est frustrant, car cela ne devrait plus être le cas en 2026. Depuis plusieurs mois, j’ai d’ailleurs un opérateur dans le viseur : le consortium Ionity, que j’ai fini par surnommer le Stellantis de la recharge.
Des bornes qui vieillissent mal ?
Les baromètres officiels d’Avere France affichent, mois après mois, des taux de disponibilité presque parfaits pour les bornes de recharge publiques. Sur le terrain, la réalité est nettement moins flatteuse.

Ce lundi de Pâques, la chasse aux œufs s’est transformée en chasse à la borne fonctionnelle sur une station Ionity de 12 points de charge rapide, en sortie d’autoroute. J’ai dû changer d’emplacement quatre fois. Et je n’étais pas la seule à manœuvrer en boucle pour trouver une borne qui fonctionne. Sur l’application du réseau, tout était pourtant indiqué comme opérationnel. Dans les faits, plusieurs bornes ne l’étaient pas. Certaines affichaient un laconique « ce chargeur est hors service, le problème a été signalé ». La station n’est pas particulièrement ancienne, mais chaque passage donne le même résultat : plusieurs points de charge défectueux.
Même constat, deux semaines plus tôt, lors des essais presse du BMW iX3 en Espagne. Même opérateur, mêmes bornes ABB à moitié fonctionnelles : écran figé, lecteur de carte RFID hors service. Le lancement de la charge passait par l’application, mais la puissance délivrée était ridicule. Charge abandonnée, direction une station Zunder bien plus fiable.
Autour de moi, mon binôme du jour et d’autres journalistes — pas franchement acquis à la cause électrique — voyaient leurs convictions renforcées : « ce n’est pas au point ». Je ne peux pas leur donner complètement tort. Faut-il invoquer la malchance ? En quelques dizaines d’années, je suis tombée trois ou quatre fois sur une pompe à essence défectueuse. Sur les bornes de recharge, j’ai déjà arrêté de compter.

La question de la fiabilité est bien réelle. Avant de promettre des puissances toujours plus élevées, il faudrait peut-être consolider les bases. Entre les bugs logiciels, les pannes matérielles, les problèmes de serveur, le vieillissement des équipements et l’usage intensif sur des périodes resserrées, toutes les bornes ne sont clairement pas capables d’encaisser, surtout en étant surexposées aux éléments (soleil de plomb, gel, pluie, tempête).
Un réseau victime de son succès
L’été dernier, lors des grands départs, le constat était déjà clair : Ionity était victime de son succès. Les stations se retrouvaient rapidement saturées. Il faut dire que le réseau bénéficie d’une forte visibilité à l’échelle européenne grâce aux constructeurs membres du consortium. Leurs clients profitent de tarifs préférentiels, et Ionity propose aussi des abonnements attractifs pour le grand public. Même si, là encore, l’opérateur mérite un carton rouge pour avoir récemment modifié ses prix sans prévenir ses clients.
Ionity a voulu aller vite. Trop vite. Le réseau s’est étendu rapidement, mais la qualité de service s’est dégradée. Bornes dysfonctionnelles, stations sous-dimensionnées… l’expérience utilisateur s’en ressent clairement. Voilà qui me rappelle un peu Stellantis : multiplier les projets, mais prendre un raccourci vers la rentabilité au détriment de la qualité. Résultat, une image écornée, davantage associée aux pannes qu’à l’efficacité. Un beau gâchis, dans les deux cas.

Pendant ce temps, un autre réseau fait toujours plus fort : celui des Superchargeurs Tesla. Tout n’y est pas parfait, mais les problèmes restent plus rares. Les bornes ont évolué avec le temps, et les tarifs sont globalement compétitifs, y compris pour les conducteurs qui ne roulent pas en Tesla. Comment un consortium de plusieurs géants automobiles n’arrive-t-il pas à battre un seul constructeur à son propre jeu ? C’est un mystère.
En attendant, de nouveaux opérateurs montent en puissance en tant qu’alternative à Ionity. Autant leur laisser une chance de faire mieux.
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