Au milieu d’une longue série de modèles aux caractéristiques techniques identiques dans les marques du groupe Stellantis, la future Abarth 600e se démarque. C’est le premier modèle à adopter une nouvelle motorisation de 240 ch, mais ça ne sera pas le seul.

Comme souvent avec les marques italiennes ces derniers temps, des fuites ont poussé la marque à faire une communication officielle ce 8 février sur la future Abarth 600e. Il est trop tôt pour avoir l’ensemble des données techniques de cette nouveauté électrique, mais ce communiqué de la marque confirme déjà quelques rumeurs sur la motorisation intégrée dans cette version clairement plus musclée de la Fiat 600e.

Alors que les moteurs électriques Stellantis plafonnent à 156 ch (115 kW) sur cette plateforme du groupe, Abarth confirme une puissance de 240 ch. Ce sera le premier, mais pas le dernier modèle sur une plateforme renommée Perfo-eCMP. Est-ce suffisant pour vendre de la sportivité électrique ?

Un nouveau souffle pour plusieurs modèles électriques à venir

Stellantis a poussé un peu loin le principe de mutualisation de sa première plateforme (e-CMP) pouvant accueillir les motorisations électriques. C’est une véritable armée de clones que le groupe propose à la vente, avec la même batterie et le même moteur pour tous (ou presque). Depuis le lancement de la première génération de la Peugeot e-208 avec son moteur 136 ch (100 kW), il y a depuis eu une évolution dans la gamme en intégrant à partir de 2023 le nouveau moteur « M3 » de 156 ch (115 kW). Il est associé à une batterie offrant jusqu’à 54 kWh (sauf sur les modèles les plus compacts).

Eléments moteurs de l'Abarth 600e // Source : Abarth
Eléments moteurs de l’Abarth 600e // Source : Abarth

Une même base avec la même motorisation, mais des carrosseries « interchangeables », telle est la méthode Tavares pour optimiser la rentabilité de Stellantis. Il y a donc rarement de surprises, alors même que la nouvelle Lancia Ypsilon ne sera officialisée que le 14 février prochain, on sait qu’elle offrira 156 ch (115 kW), 51 kWh de batterie et une autonomie autour de 400 km. Ce modèle fera partie de la quinzaine de clones :

  • Peugeot e-208, e-308, e-2008, e-rifter et normalement prochainement e-408
  • Citroën ë-C4, ë-C4X, e-berlingo
  • Opel corsa-e, mokka-e, astra electric
  • DS 3
  • Jeep Avenger
  • Fiat 600e

En attendant un peu plus de variété, avec les modèles low cost (type Citroën ë-C3) et les modèles sur les futures plateformes électriques SLTA du groupe (comme sur le Peugeot e-3008), la nouvelle motorisation de l’Abarth 600e apparaît donc comme une petite révolution interne.

Le moteur de 240 ch de l’Abarth serait identique à celui fourni sur la nouvelle plateforme STLA Medium et donc sur le e-3008. L’usage du conditionnel reste de rigueur pour le moment. Là où le principe de mutualisation poussé à l’extrême dans le groupe devient intéressant, c’est qu’il est évident que cette solution sera disponible dans d’autres modèles du groupe. Cela devrait être le cas dans la première Alfa Romeo électrique, la Milano, ainsi que dans une déclinaison sportive prévue pour la Lancia Ypsilon HF. Des rumeurs font aussi état de cette motorisation dans la future e-408, ce qui pourrait être utile pour donner un peu d’intérêt à ce modèle.   

Un choix finalement assez sensé

Face à une débauche de puissance sur bon nombre de modèles électriques, le groupe Stellantis présente une version plus mesurée de la sportivité électrique. Les 240 ch (176 kW) promis par l’Abarth apparaissent assez faibles par rapport à d’autres voitures électriques du marché. Il faut dire que les 150 kW soit 204 ch sont devenus une sorte de palier psychologique adopté par beaucoup de constructeurs, y compris pour des modèles qui n’auraient pas besoin d’une telle puissance.

Abarth 600e lors de son développement // Source : Abarth
Abarth 600e lors de son développement // Source : Abarth

Une motorisation de 240 ch reste quand même bien plus puissante que les 156 ch de la Fiat 600e (de base). Cela semble suffisant sur le papier pour transfigurer les sensations au volant du modèle, surtout que la touche Abarth apportera aussi un différentiel mécanique à glissement limité, une position apparemment rabaissée, de meilleurs pneus et certainement un freinage un peu plus adapté.

Si la chasse aux kilos superflus est une bonne manière pour faire baisser les consommations, offrir une puissance modérée l’est tout autant. Voilà comment Stellantis peut se targuer d’offrir de bonnes autonomies, malgré des batteries de relativement petite capacité par rapport aux concurrents.

Au concours de celui qui offre la plus grande puissance, l’Abarth 600e ne gagnera pas, mais cela ne signifie pas que le modèle ne pourrait pas surprendre par bien d’autres aspects.

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