Le scooter électrique de Kymco a beaucoup de qualités, dont sa maniabilité et son accélération, pleine de vivacité. Néanmoins, son tarif — quasiment 5 000 euros avec deux batteries — est rédhibitoire pour les performances proposées actuellement. Dommage.

Combien êtes-vous prêts à dépenser pour l’achat d’un scooter électrique ? C’est la question indispensable à se poser avant de se lancer dans la recherche du deux-roues idéal. Pour Kymco, le montant est élevé. Très élevé. Trop élevé. Le problème du scooter i-One, c’est qu’il est bourré de qualités. Mais, après une semaine passée à le tester, difficile d’ignorer les deux éléphants dans la pièce : le prix du modèle et sa piètre autonomie.

En résumé : pourquoi nous mettons 6/10 au Kymco i-One

Le verdict

L’i-One n’est pas un mauvais scooter. C’est même un bon scooter, lorsqu’il fonctionne. Malheureusement, le modèle que nous avons testé a mal supporté le froid (entendre : moins de 10 degrés). En conditions plus chaleureuses, le deux-roues électriques a de quoi convaincre, en termes de vivacité et avec ses batteries amovibles super faciles à utiliser. En revanche, le prix (quasiment 5 300 euros si on veut deux batteries et un socle) est rédhibitoire pour un équivalent 45 km/h de cet acabit.

Fort dépourvu quand la bise fut venue

Ce n’est pas de chance. Si Numerama avait testé l’i-One quelques semaines plus tard, certains problèmes seraient passés inaperçus. Il n’empêche que lorsque l’on essaie un produit qui ne fonctionne pas tout le temps comme il devrait, il est impossible de ne pas le mentionner à nos lecteurs et lectrices.

Nous avons roulé une soixantaine de kilomètres avec l’i-One de Kymco en une semaine de mars. Sur cette distance, un tiers a été parcouru à vitesse d’escargot. Le problème se déclenche visiblement lorsqu’il fait froid, d’après la marque. Certes, le temps parisien du début du mois de mars n’était pas idéal, mais il ne s’agissait pas de températures anormales : il fallait compter entre 3 et 10°C en fonction des journées. Soit des degrés que l’on a l’habitude de ressentir plusieurs mois d’affilée en France.

Quand l’i-One a froid, il se passe deux choses.

L'avant du Kymco i-One // Source : Thomas Ancelle pour Numerama
L’avant du Kymco i-One. // Source : Thomas Ancelle pour Numerama
  • La première, c’est une baisse drastique de l’autonomie, déjà très faible de base. Alors que la batterie affichait 100 %, le scooter électrique nous assurait que l’on tiendrait 24 km. C’est moins que certains trajets pour se rendre au travail et revenir à son domicile le soir.
  • La deuxième, c’est une accélération beaucoup trop limitée. Lorsque l’on actionne la poignée, tout va bien jusqu’à 20 km/h, puis l’appareil plafonne brusquement. La variation, en plus d’être frustrante, a de quoi être dangereuse : on pense que l’on va s’envoler au feu vert, les voitures accélèrent derrière nous… et puis soudain, le scooter ralentit (sans pour autant freiner). Impossible pour les véhicules qui nous talonnent d’ajuster rapidement leur vitesse : pris de surprise, certains ont bien manqué de nous rentrer dedans.
Kymco i-One // Source : Thomas Ancelle pour Numerama
Kymco i-One. // Source : Thomas Ancelle pour Numerama

Le constat est d’autant plus frustrant lorsque l’on assiste, en comparaison, au comportement normal du scooter, une fois que le temps se radoucit. Avec sa puissance moteur de 3,6 kW, l’i-One se situe dans le haut du panier des équivalents 50cc (certains s’en sortent bien avec seulement 2000 W, par exemple). Ces caractéristiques lui permettent de fournir une accélération vive et une belle réactivité.

Des qualités indéniables

En soi, quand il fonctionne, l’i-One propose de belles performances, qui s’allient à un gabarit fin (mais pas trop) et une maniabilité hors pair. C’est un partenaire de conduite urbaine idéal ; il est confortable (la selle n’est pas trop haute), les poignées sont réactives (les freins sont assez près du guidon, pour les petites mains, c’est bienvenu), sa légèreté est un bonheur (84 kg sans les batteries). De même, sa simplicité d’utilisation peut séduire celles et ceux qui n’ont pas besoin de beaucoup de fioritures : le strict minimum suffit.

Kymco i-One // Source : Thomas Ancelle pour Numerama
Kymco i-One. // Source : Thomas Ancelle pour Numerama

Des commodos plus cosmétiques qu’autre chose

Il n’empêche que l’on se demande : y a-t-il un, ou plusieurs modes de conduites sur l’i-One de Kymco ? Nos confrères répondaient par l’affirmative en 2022, tout comme le site officiel de la marque. Néanmoins, sur le modèle que nous avons testé en ce début 2023, le bouton « mode » ne permettait pas de switcher d’un mode à l’autre. Plus comique encore, le bouton ne servait en fait… pas à grand-chose. Comme la majorité des commodos de droite, il ne permettait que de changer l’affichage de certains chiffres sur l’écran. On sent que ces boutons proviennent d’un moule randomisé et qu’ils pourraient servir à activer des fonctionnalités supplémentaires. Pour l’instant, le Kymco i-One n’en a simplement pas beaucoup à proposer.

À noter qu’après une semaine de test, un voyant vert s’est soudain affiché sur le tableau de bord de l’i-One, surplombé des mots « Mode Eco ». Impossible de savoir comment il avait été enclenché, impossible de l’enlever… Il a finalement disparu après que l’on a coupé le contact et redémarré.

Kymco i-One // Source : Thomas Ancelle pour Numerama
Malheureusement, les trois boutons du haut ne servent pas à grand chose… // Source : Thomas Ancelle pour Numerama

Pour ce prix, on veut plus d’autonomie !

Nous l’avons dit en intro, l’autonomie est à revoir, qu’importe la température ambiante moyenne du territoire où vous vous trouvez. 24 km sur une batterie chargée à 100 %, c’est tout simplement ridicule. Il est indéniable que les batteries souffrent en hiver, mais on observe normalement une baisse de 10 % maximum de l’autonomie, pas quasiment 50 %.

Or lorsqu’il fait un peu plus chaud dehors, le scooter affiche une autonomie de 38 km, ce qui a beaucoup plus de sens pour un équivalent 50cc, avec une batterie (50.82V/34.3Ah/1,743Wh) de 10 kg. Néanmoins, ce chiffre reste trop bas pour un deux-roues électrique vendu 4 000 euros avec une seule batterie.

Si vous souhaitez en ajouter une deuxième — et c’est quasiment indispensable — il faudra en payer le prix, aux alentours de 800 euros. Le Kymco, un équivalent 50 non-connecté (pas d’application et un tableau de bord simpliste), se retrouve alors au prix d’un équivalent 125 de bonne facture — le Rider 5000 ou le Niu NGT Evo.

C’est d’autant plus de dommage que Kymco propose un des systèmes de batterie les plus simples et pratiques. Il s’agit de batteries que l’on n’a pas à brancher et débrancher : elles se clipsent sur un socle et se retirent, sans difficulté.

C’est un système que l’on avait déjà expérimenté il y a plusieurs années sur les scooters en libre-service COUP (de marque Gogoro) mais aussi privilégié par la startup ZeWay, qui propose des scooters aux batteries échangeables.

Kymco i-One // Source : Thomas Ancelle pour Numerama
Il suffit de soulever la batterie du Kymco i-One pour qu’elle se retire. // Source : Thomas Ancelle pour Numerama

Pour parfaire le kit complet de Kymco, il faudra rajouter 300 euros pour un socle de recharge à la maison, qui permettra de charger sans encombre les batteries. Numerama l’a souvent répété : il s’agit ici du nerf de la guerre : la simplification de l’expérience de recharge est cruciale pour toucher un large public, qui appréhende cette étape dans la conduite d’un véhicule électrique.

La fiche technique du Kymco i-One

ThèmeCaractéristiques
Roues avant   2,15 x 12 pouces
Roue arrière2,75 x 12 pouces
Longueur1 808 mm
Largeur700 mm
Hauteur1 115 mm
Hauteur selle865 mm
Frein avantHydraulique
Frein arrièreTambour
Poids (sec)86 kg
Poids batterie (1)10,5 kg

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