Acheter des Tesla en bitcoin n'est déjà plus possible : Elon Musk, pourtant fan de cryptomonnaie, a annoncé que son entreprise était trop inquiète du coût environnemental généré par la création de bitcoins. Il y a trois mois, Tesla avait acheté pour 1,5 milliard de dollars de Bitcoin.

Les aficionados des cryptos n’auront pu profiter de cette nouveauté que quelques mois. Alors que Tesla avait permis à ses futurs acquéreurs de se procurer une Tesla en échange de bitcoins en mars 2021, l’entreprise est finalement revenue sur sa décision deux mois plus tard.

« Tesla a suspendu la possibilité d’acheter des véhicules avec des bitcoins. Nous avons des inquiétudes sur l’augmentation rapide des énergies fossiles qui sont utilisées pour miner des bitcoins et émettre des transactions, en partie le charbon, qui est la pire des émissions », peut-on lire dans un court communiqué qu’Elon Musk, le CEO de Tesla, a publié sur Twitter.

Le paiement de voitures Tesla en bitcoin était réservé aux Américains : il fallait se rendre sur le site de la marque depuis les États-Unis, ou avec un VPN, pour voir l’option, en bas à droite.

Achat d’une Tesla en bitcoins // Source : Capture Numerama / mars 2021

« Les cryptomonnaies représentent de très bonnes nouvelles sur de nombreux plans, et nous estimons qu’elles ont un futur prometteur, mais cela ne peut pas avoir des conséquences dramatiques sur l’environnement », continue-t-il.

La nouvelle a du sens, tant Tesla met en avant l’impact positif pour l’environnement de ses véhicules 100 % électriques (depuis 2019, le constructeur a même arrêté d’utiliser du cuir d’animaux dans ses engins). Mais le timing est surprenant : cela fait des années que des observateurs et associations s’inquiètent de l’énergie dépensée pour créer cette cryptomonnaie, et la pollution environnementale qui l’accompagne.

Pourquoi le bitcoin est-il énergivore ?

Le bitcoin est une monnaie virtuelle dont le fonctionnement est complexe. Sommairement, on peut dire qu’il s’agit d’une cryptomonnaie que l’on fabrique par des opérations dites de « minage ». Chaque cryptomonnaie est liée à un réseau. Les personnes qui participent à ce réseau (les « mineurs ») doivent en quelque sorte rendre service à ce réseau (on appelle aussi ça une « preuve de travail ») en résolvant des calculs très compliqués.

En échange de ce service, ils reçoivent des bitcoins. Cela demande que des ordinateurs très puissants moulinent, et c’est donc très demandeur en électricité, notamment pour faire tourner les serveurs en arrière plan. Or, une grande partie de l’électricité est encore produite par le charbon, comme l’a noté Futura dans un article explicatif.

Que va faire Tesla de ses bitcoins ?

C’est un retournement de situation imprévu de la part d’Elon Musk, qui est fasciné par les cryptomonnaies depuis plusieurs années. Récemment par exemple, son obsession s’est portée sur le Dogecoin, une cryptomonnaie dérivée du bitcoin qui emprunte l’esthétique d’un célèbre mème de chien.

L’investissement de Tesla dans les bitcoins ne s’était d’ailleurs pas limité à l’instauration d’un moyen de paiement sur son site en ligne. En février dernier, on apprenait que l’entreprise avait acheté pour 1,5 milliard de dollars de bitcoins, ce qui est tout simplement énorme : cela représentait quasiment 8 % de l’intégralité de ses liquidités.

Cette décision a été concordante avec une hausse phénoménale qu’a connue le bitcoin à partir du mois d’octobre 2020. Alors qu’il stagnait autour de 8 000 euros, le montant d’un bitcoin est soudain monté en flèche, jusque vers 50 000 euros au pic de la mi-avril.

Le cours du bitcoin sur 5 ans // Source : coinmarketcap

Cette cryptomonnaie reste donc en la possession de Tesla, et Elon Musk en a également parlé dans son communiqué : « Tesla ne vendra pas ses bitcoins. Nous comptons les utiliser pour effectuer des transactions, aussitôt que le minage se fera avec des énergies plus renouvelables », peut-on lire. En résumé, l’entreprise va devoir s’asseoir sur ses cryptos pendant un moment. Cette partie qui se veut « rassurante » n’a pas empêché le bitcoin de plonger de 10 % en bourse ; c’est important, mais moins que ce que l’on aurait pu craindre, car le signal envoyé par Tesla est tout de même très peu positif pour l’avenir de la cryptomonnaie.

Tesla semble déjà regarder ailleurs : « Nous nous intéressons aussi à d’autres cryptos qui ne représentent que moins d’1 % des émissions carbone du bitcoin en termes de transactions », a-t-elle conclu. La veille de l’annonce de Tesla concernant le bitcoin, Elon Musk faisait même un sondage sur Twitter pour savoir si ses fans souhaitaient que l’entreprise accepte les paiements en… Dogecoin.

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