Facebook a toujours l'intention d'activer par défaut le chiffrement de bout en bout dans Messenger. Seulement, ce n'est pas pour demain.

C’était il y a deux ans. Le 30 avril 2019, Facebook s’engageait à protéger les discussions sur Messenger avec du chiffrement de bout en bout par défaut. Deux ans plus tard, le réseau social n’est toujours pas parvenu à concrétiser sa promesse. La bonne nouvelle, néanmoins, c’est que la messagerie instantanée n’a pas dévié de cap : elle a toujours pour objectif de passer à ce système de communication très sécurisé.

C’est en effet ce qu’on peut lire dans son dernier point d’étape, publié le 30 avril 2021. Le problème, d’après le réseau social, c’est que la bascule d’un service de discussion aussi répandu et complexe que Messenger — derrière son apparente simplicité, il y a une ingénierie logicielle de pointe, requise par son extrême popularité (plus de 1,3 milliard de personnes s’en servent) — est plus difficile que prévu.

Facebook ne change par ses plans

Dès lors, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle : la bonne, c’est que Facebook n’a pas abandonné ses projets en matière de chiffrement de bout en bout par défaut. La mauvaise, c’est que l’entreprise américaine estime que le bout du tunnel ne sera pas atteint avant 2022, au bas mot. C’est la même chose pour Instagram Direct, le service de tchat dans son application de partage de photos.

« Bien que nous espérions progresser davantage sur le chiffrement de bout en bout par défaut pour Messenger et Instagram Direct cette année, il s’agit d’un projet à long terme et nous ne serons pas entièrement chiffrés de bout en bout avant 2022 au plus tôt, écrit ainsi Gail Kent, l’une des dirigeantes de Messenger. Nous travaillons également d’arrache-pied pour [y parvenir] ».

Aujourd’hui, le chiffrement de bout en bout par défaut n’est activé que dans WhatsApp, une autre filiale de Facebook, acquise en 2014. Cette couche de protection est opérationnelle par défaut depuis 2016. Pour sécuriser les communications, Facebook n’a pas conçu son propre protocole cryptographique, mais utilise celui conçu par Signal, une fondation dont les travaux dans ce domaine sont réputés.

Facebook travaille à un système de communication plus sûr pour Messenger.

Le chiffrement de bout en bout vise à établir un canal de communication sécurisé, de telle sorte que personne ne puisse accéder aux échanges. Il s’agit de rendre les discussions illisibles pour tout individu, que ce soit l’opérateur, Facebook, les personnes passant par le même réseau ou bien tout tiers cherchant à y accéder. Pour autant, il existe des scénarios particuliers qui peuvent contrarier cette protection.

Les projets de Facebook sur ce terrain ont causé des sueurs froides aux autorités de certains pays, à l’image des États-Unis. Les forces de l’ordre avancent des arguments légitimes pour s’y opposer, comme la circulation de contenus pédopornographiques ou le terrorisme. Facebook dit entendre ces raisons, mais juge qu’une porte dérobée serait au final néfaste pour tout le monde.

Les plans de Facebook en la matière s’inscrivent dans un projet de rapprochement de ses trois grandes plateformes de discussion (Messenger, Instagram Direct et WhatsApp). En septembre 2020, l’interconnexion entre Messenger et Instagram a pu être établie, sans trop de peine, car les deux services ne chiffrent pas par défaut et de bout en bout les discussions. Mais avec WhatsApp, c’est une autre paire de manches.

Il faut néanmoins savoir qu’il existe sur Messenger une option pour avoir des discussions chiffrées de bout en bout. Ce sont les conversations secrètes, qui sont optionnelles. Les activer n’est pas très difficile, mais présente un petit inconvénient : si vous en lancez une avec un correspondant avec qui vous avez déjà une discussion en cours, la conversation secrète générera une discussion à part, séparée du fil actuel.

Partager sur les réseaux sociaux

La suite en vidéo