Il y a maintenant 14 pays sur 27 qui sont interopérables sur le traçage des contacts. 15, si on ajoute un autre pays hors-UE.

Et de quinze. Dans un point d’étape partagé mi-mars, la Commission européenne fait savoir qu’il y a quatorze pays membres de l’Union qui ont rendu interopérables leurs applications servant au traçage des contacts, pour lutter contre la pandémie de coronavirus. À cette liste s’ajoute également la Norvège, qui n’est pas membre de l’UE, mais figure dans l’Espace économique européen.

La Norvège est d’ailleurs l’un des deux nouveaux pays à rejoindre cette interopérabilité continentale ces derniers temps, avec Chypre. Lors de son précédent point d’étape, au mois de février, Bruxelles indiquait que les treize autres pays sont l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Croatie, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, l’Irlande, l’Italie, la Lettonie, les Pays-Bas, la Pologne et la Slovénie.

Le principe du traçage des contacts, ou contact tracing, consiste à alerter des personnes si elles sont cas contact d’un tiers malade. Sur le papier, le contact tracing sur smartphone a pour but de remonter automatiquement les chaînes de transmission avec des individus que l’on croise et que l’on ne pourrait pas identifier dans le cas d’un traçage des contacts plus classique, lors d’une enquête téléphonique par exemple.

Le principe schématisé du contact tracing. // Source : Claire Braikeh pour Numerama

En l’espèce, la communication entre les deux smartphones s’effectue par Bluetooth (qu’il faut donc activer préalablement), afin d’évaluer à la fois la durée du contact et la distance entre deux personnes. Les applications échangent alors des identifiants qui serviront à savoir à qui adresser une notification si un cas positif est repéré. L’usager ne sait pas qui est ce cas positif, pour des raisons de confidentialité.

Sur le papier, le contact tracing sur smartphone fonctionne. Mais en pratique, c’est une autre paire de manches : il faut en effet satisfaire de nombreux préalables. L’application doit être assez diffusée dans la population, ce qui implique de posséder un smartphone. Il faut aussi activer l’application et le Bluetooth, que la liaison soit fiable et, surtout, que celui ou celle qui est malade se signale dans TousAntiCovid.

Quatre autres pays disposent aussi d’une application mobile de traçage des contacts dont les caractéristiques en font des candidats sérieux pour rejoindre ce mouvement : il s’agit de l’Estonie, la Lituanie, le Portugal et la République tchèque. La raison ? Toutes ces nations ont opté pour une solution décentralisée, avec des fondations techniques communes, ce qui facilite les liaisons entre applications.

La France reste hors jeu

La France, elle, fait cavalier seul car son application nationale, TousAntiCovid, repose sur une architecture centralisée.  En fait, il n’y a que la Hongrie qui a fait un choix similaire dans l’UE. Le Royaume-Uni avait pendant un temps suivi ce même chemin, avant de changer de direction, avec une logique décentralisée. Mais avec le Brexit, les choix britanniques en la matière n’importent plus.

Bruxelles a regretté à demi-mot la position française, compte tenu de son poids dans l’UE, sa place de carrefour en Europe et surtout sa grande attractivité sur le plan touristique. Mais Paris a prétexté des raisons de souveraineté pour suivre sa propre voie, estimant inconcevable de dépendre de choix technologiques conçus par Apple et Google — qui est la solution décentralisée adoptée dans l’UE.

Dans une logique décentralisée, les opérations pour déterminer si une personne a été en contact avec une personne testée positive au coronavirus ont lieu dans l’application de l’usager. Il est aujourd’hui envisagé des pistes pour déterminer si les calculs peuvent aussi avoir lieu sur un serveur sécurisé, opéré par l’autorité sanitaire du pays en question, afin de pouvoir assurer l’interopérabilité avec la France, ou la Hongrie.

En attendant un éventuel déblocage technique, incertain, la France prépare le terrain à une évolution de TousAntiCovid. Le gouvernement souhaite pouvoir utiliser un système de QR Code avec l’application mobile, pour signaler sa présence dans un lieu accueillant du public. Ainsi, en cas de foyer épidémique dans un magasin ou un restaurant, on pourrait alors connaître tous les identifiants qui étaient présents ce jour.

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