Le réseau social TikTok essaye de limiter la visibilité des contenus de désinformation en passant par les hashtags. Facebook fait de même.

La Présidentielle américaine opposant Donald Trump et Joe Biden se fait sous le signe de nombreuses rumeurs, fausses informations et théories du complot. Beaucoup d’entre elles sont propagées ou relayées par le camp Trump. Résultat, nombre de ses tweets voient leur visibilité amoindries par Twitter. D’autres réseaux sociaux essayent également pendant cette campagne de supprimer ou amoindrir la portée de contenus diffusant de la désinformation.

Sur TikTok, où la désinformation cherche aussi à toucher les plus jeunes, le compte de The Republican Hype House, entre autres, s’évertuait à diffuser la rumeur, totalement infondée, de bulletins de vote contrefaits. La plateforme a annoncé les avoir supprimé, comme d’autres contenus similaires, en raison de la violation de leur politique « contre les informations trompeuses ». La réactivité de la plateforme semble assez rapide : l’une de ces vidéos trompeuses signalée par un journaliste du New York Times a été supprimée dans l’heure. Mais ces réseaux sociaux sont massifs, et lorsqu’une vidéo est supprimée, des dizaines d’autres réémergent dans la foulée. C’est ainsi que TikTok mais aussi Facebook entreprennent de faire tomber les hashtags liés à certaines fake news prenant trop d’ampleur.

Des pages vides ou affichant un « contre-discours »

Depuis quelques jours, deux théories du complot ont été principalement mis en avant par les partisans de Trump : une fraude électorale (non prouvée) ; ainsi qu’une prétendue invalidation de bulletins républicains en raison du feutre utilisé (rumeur invalidée). Ces deux théories sont associées à des hashtags, comme #StopTheSteal pour la première, et #SharpieGate pour la seconde. TikTok a utilisé deux stratégies. La première : bloquer le hashtag. Lorsque l’on tape sharpiegate dans l’app, la page de recherche est vide, indiquant que « cette phrase peut être associée à un comportement ou du contenu qui enfreint nos consignes ». C’est valable pour d’autres mots clés. La version anglophone de l’alerte est encore plus significative : « Keeping our community safe ».

Les hashtags, où nombre de fausses rumeurs sont diffusées, ne sont pas accessibles. // Source : Copie d’écran

Sur d’autres hashtags, comme VoterFraud, vous pourriez être surpris de voir apparaître quelques vidéos malgré tout (tout dépend s’il y a un dièse ou non devant). TikTok estime que ces vidéos relèvent d’un contre-discours. Certaines d’entre elles s’avèrent en effet être justement des réponses à des vidéos de désinformation ; ou alors déconstruisent des fake news. Le système n’est pas sans faille, puisqu’en parcourant ces pages de hashtags, on peut encore parfois tomber sur des vidéos soutenant de la désinformation. Mais la visibilité de ces fake news reste grandement amoindrie.

Les discours complotistes ou simplement mensongers liés à la Présidentielle américaine 2020 ont essaimé en France, où, au bas de nombreux articles sur le sujet, on peut les voir être relayées. Il en va de même dans d’autres pays. Nous avons constaté que le ban appliqué par TikTok fonctionne également avec des mots clés dans différentes langues, comme l’espagnol ou le français. « Fraude2020 », par exemple, renvoie également à une page vide affichant que « cette phrase peut être associée à un comportement ou du contenu qui enfreint nos consignes ». Le filtre reste toutefois moins sensible et s’applique à moins d’occurrences.

Facebook utilise une technique similaire. Si vous entrez les hashtags stopthesteal, voterfraud ou sharpiegate, les pages seront vides. Ces techniques ne sont pas nouvelles, mais clairement de plus en plus utilisées par les réseaux sociaux pour réduire la visibilité de discours mensongers, d’autant plus en cette période électorale. Comme le relève TechCrunch, TikTok a procédé à la même stratégie récemment pour bannir les discours favorables au groupe conspirationniste QAnon (dont une sympathisante a été élue au parlement américain).

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