Entre sa manette bardée de technologies inédites et ses performances graphiques déjà impressionnantes, la PS5 montre vraiment à quoi ressemble une console d'avenir.

Cela fait plusieurs jours que Numerama a reçu la PlayStation 5, une console qui a parfois été intrigante à cause de la communication trouble de Sony. Elle a la lourde tâche de succéder à la PlayStation 4, succès instantané grâce à son prix coup de poing (lancement à 400 euros) et une politique éditoriale centrée sur un catalogue d’exclusivités marquantes (God of War et The Last of Us Part II, pour ne citer qu’eux). C’est donc avec le statut de leader attendu au tournant que le constructeur commercialise la PS5.

On n’a aucun doute sur la capacité de Sony à capitaliser sur ce qui a fait la réussite de la PS4, à savoir des jeux, des jeux et encore des jeux. Mais, du côté hardware et en termes d’expérience utilisateur, la PS5 doit être en mesure de rivaliser avec ce que propose Microsoft. Sur la prochaine génération, la firme de Redmond avance plusieurs pions : deux consoles (dont la plus puissante de toutes), le Xbox Game Pass, du cloud gaming et un écosystème complet. Sony, lui, préfère une approche plus traditionnelle, avec une rupture marquée dès le début.

Une nouvelle interface très agréable

La Xbox Series X n’a pas changé d’interface ? La PS5 s’appuie sur des menus flambant neufs. La Xbox Series X n’a pas changé de manette ? La PS5 abandonne la DualShock pour introduire la DualSense, un pad qui ne met que quelques minutes à convaincre celle ou celui qui l’a entre les mains. La Xbox Series X n’a aucune vraie exclusivité à proposer dans son catalogue de lancement ? La PS5 est accompagnée de Demon’s Souls (Marvel’s Spider-Man : Miles Morales sort aussi sur PS4). En somme, la philosophie n’est pas tout à fait la même d’un côté ou de l’autre.

On prend vraiment plaisir à parcourir l’interface

Pour la PS5, la rupture commence donc dès l’interface, très moderne. On se croirait en face d’une box TV récente (exemple : le dernier Chromecast), avec une belle mise en avant des contenus. L’accueil présente une page Jeux, avec un carrousel situé en haut. Quand vous mettez un titre en surbrillance, une grande et belle image apparaît, ainsi que le thème musical principal dudit titre. Un petit coup en bas permet de faire apparaître les Activités, qui correspondent à des jalons et permettent par exemple de lancer un niveau pour le terminer. Cette partie manque parfois de clarté, mais une interface peut évoluer positivement avec le temps. Autre bémol : les paramètres restent une succession d’onglets et de sous-onglets dans lesquels il est facile de se perdre.

Sinon, on apprécie beaucoup le centre de contrôle, qui apparaît quand on appuie sur le bouton PlayStation de la manette. Il offre un accès rapide à plusieurs raccourcis qui fluidifient bien davantage la navigation (volume, téléchargements, alimentation…). Et comme la PS5 est armée d’un SSD, elle est vraiment très, très rapide. On prend plaisir à parcourir l’interface finalement très épurée de la console.

Marvel’s Spider-Man : Miles Morales // Source : PlayStation

La PS5, c’est déjà la next gen

Quand on achète une nouvelle console, on a envie d’en prendre plein les yeux, si possible le plus vite possible. Sur ce point, la PlayStation 5 ne déçoit pas. C’est même tout le contraire : elle étonne. Astro’s Playroom, qui compile des petites démos technologiques pour vanter les mérites de la DualSense, est visuellement soigné. Mais c’est surtout avec Marvel’s Spider-Man : Miles Morales que la PS5 prouve ce qu’elle a dans le ventre : des textures fines, des éclairages et des reflets hyper réalistes (grâce au ray tracing), des effets visuels abondants, une modélisation des personnages d’une précision chirurgicale… Il s’agit d’une véritable vitrine pour appuyer le gap avec la génération actuelle. C’est très prometteur pour la suite, quand bien même on doit déjà faire des concessions (30 fps avec ray tracing ou 60 fps sans ray tracing).

La PS5 incarne aussi la next gen grâce à sa manette DualSense, qui renforce l’immersion avec son retour haptique (des vibrations plus fines et précises) et ses gâches adaptatives (on ressent mieux certaines actions produites à l’écran). On sent vraiment que Sony a cherché des moyens de proposer une toute nouvelle expérience, que ce soit visuellement (avec des graphismes toujours plus fouillés) ou avec des sensations. Les bases sont là, en espérant que les studios de développement emboitent le pas — sous peine de gâcher un vrai potentiel.

Une console résolument tournée vers les jeux de demain

La PlayStation 5 est rétrocompatible avec quasiment tous les jeux PlayStation 4, avec des optimisations visuelles promises grâce à des mises à jour. Pour le moment, parmi les titres édités par Sony, seul Days Gone a reçu un patch garantissant des performances à la hausse (un framerate à 60 fps). Bien évidemment, davantage de titres recevront cette faveur d’ici au lancement attendu pour le 19 novembre.

Sans téléchargement, les jeux rétrocompatibles affichent le même visage qu’à l’époque de leur sortie. On a pu le constater sur Bloodborne (disque) et Control (téléchargement). À première vue, la Xbox Series X semble aller un peu plus loin : sans patch, elle peut améliorer les performances (comme nous l’avions constaté avec Sekiro : Shadows Die Twice et son framerate plus élevé). À l’arrivée, il y a encore un flou qui entoure ce qui est optimisé, ce qui ne l’est pas. Un point qu’il est nécessaire de modérer : on ne met pas 500 euros dans une console pour jouer à des titres anciens.

Bonne nouvelle, les jeux PS4 liés à votre compte PlayStation vous suivront sur PS5. Vous n’aurez qu’à les télécharger depuis votre bibliothèque (ou à insérer le disque s’il s’agit d’une version physique). Si vous aviez des jeux en cours, vous pourrez donc les terminer sur votre nouvelle console. Sony ne pousse pas l’écosystème aussi loin que Microsoft avec, par exemple, un téléchargement des sauvegardes qui serait automatique au lancement du jeu. Sur ce critère, la multinationale n’a pas le même savoir-faire que son rival américain et, parfois, c’est l’utilisateur qui en pâtit. Mais ces petits soucis de finition logicielle ne toucheront que celles et ceux désirant profiter encore un peu de leur ludothèque d’aujourd’hui. Un détail, pour une console résolument tournée vers les jeux de demain.

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