Il était à craindre que l’épidémie de coronavirus affecte le déploiement de la 5G en France. C'est désormais confirmé : si le régulateur des télécoms a pu boucler une première étape de la procédure d'attribution des fréquences, il est obligé de suspendre ses travaux à cause de la crise sanitaire.

C’est officiel : Orange, Free Mobile, SFR et Bouygues Telecom pourront ouvrir un réseau 5G en France. L’Autorité de régulation des communications électroniques (ARCEP) fait savoir dans un communiqué paru le 2 avril que les quatre opérateurs sont allés au bout de la procédure d’attribution des fréquences et satisfont les multiples exigences fixées par le régulateur, comme la couverture du territoire et l’intérieur des bâtiments.

Concrètement, chacun des opérateurs récupère un bloc de 50 MHz, qu’il faudra placer sur la plage de fréquences allouée à la 5G. Il s’agit de la bande dite 3,5 GHz, qui s’étend en fait de 3,4 à 3,8 GHz (comme il s’agit de liaisons mobiles, il faut passer par des ondes radio pour acheminer les communications). Plus tard, d’autres plages de fréquences pourront être mobilisées pour la 5G, comme les bandes 1,5 et 26 GHz.

Les bandes de fréquence 5G identifiées. La première plage utilisée est celle entre les bornes 3,4 et 3,8 GHz. // Source : ANFR

Sur le papier, plus grand-chose ne s’oppose au lancement de la 5G : il ne reste plus qu’à placer chaque opérateur sur le spectre électromagnétique et publier les autorisations d’utilisation des fréquences. Cependant, les opérateurs souhaitent obtenir davantage de fréquences afin de pouvoir fournir des services en ultra haut débit avec le plus haut degré de qualité possible.

Une procédure intenable pendant la pandémie

Or, là est le problème : si la première phase était relativement facile à exécuter, puisque les blocs de 50 MHz étaient proposés à prix fixe (350 millions d’euros l’unité) et dépendaient de dossiers transmis fin février par les opérateurs que le régulateur pouvait instruire à distance, la seconde est plus complexe : elle implique en effet un système d’enchère pour vendre au plus offrant des blocs de 10 MHz.

Malheureusement, impossible d’enjamber la crise sanitaire et faire comme si de rien n’était : le pays est pratiquement à l’arrêt, la population doit se confiner et seules les personnes occupant des postes essentiels sont autorisés à aller au travail. De fait, la situation impacte aussi les équipes de l’ARCEP ainsi que celles des opérateurs. Difficile, dans ces conditions, de conduire cette phase dans de bonnes conditions.

La propagation du coronavirus impose de limiter ses contacts au maximum et de rester chez soi. Comment, dans ces conditions, poursuivre correctement l’attribution des fréquences 5G ? // Source : Claire Braikeh pour Numerama

Aussi l’ARCEP a-t-elle décidé, comme on pouvait s’y attendre, de temporiser, quitte à ce que cela perturbe le calendrier de déploiement de la 5G en France. Temporiser, mais jusqu’à quand ? Le régulateur est comme tout le monde : impossible d’avoir de la visibilité à plusieurs ou quelques semaines. Cette « durée dépendra de celle de la crise sanitaire », et la nouvelle date sera fixée ultérieurement.

« Les circonstances actuelles de crise sanitaire n’ont pas permis de conduire les préparatifs nécessaires à l’organisation matérielle de cette enchère, initialement prévue au mois d’avril », ajoute l’autorité dans son communiqué. Il reste onze blocs de 10 MHz chacun à attribuer, avec un prix de départ individuel fixé à 70 millions d’euros. Subtilité de la procédure : aucun opérateur ne peut cumuler au total plus de 110 MHz.

Initialement, toutes ces phases devaient être bouclées d’ici le mois de juin 2020. Mais c’était sans compter la réalité du coronavirus.

Crédit photo de la une : Frandroid

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