Facebook a bloqué de nombreux articles rédigés par des entreprises de presse sérieuses. Le réseau social a admis qu'il s'agissait d'un bug. Les conséquences sont toutefois importantes.

« Cette publication ne respecte pas nos Standards de la communauté en matière de contenus indésirables. » Ce message de Facebook, de nombreuses entreprises de presse l’ont reçu, dans la nuit de mardi à mercredi 18 mars 2020. Numerama en fait partie : plusieurs de nos articles concernant le coronavirus ont été bloqués sans raison, de nombreuses heures après leur publication initiale.

Des notifications Facebook le 18 mars 2020

Cela signifie notamment que toutes les personnes qui ont essayé de partager nos articles sur Facebook ont vu leur tentative échouer. « Personne d’autre ne peut voir votre publication. Nous avons mis ces standards en place pour empêcher des infractions telles que la publicité mensongère, les fraudes et les atteintes à la sécurité », affiche le réseau social. Ce souci a eu des conséquences sur d’autres articles, même hors coronavirus, qu’il n’était plus possible de partager non plus.

Nous pensions être les seuls concernés par cette erreur, mais avons rapidement compris qu’il s’agissait d’un bug au niveau global de Facebook. De nombreux sites d’informations américains sérieux ont connu la même chose : Business Insider, The Atlantic, Politico, BuzzFeed News, etc.

Des notifications Facebook le 18 mars 2020

Les publications « retirées par erreur » ont été réinstaurées

L’un des vice-présidents de Facebook, Guy Rosen, a finalement expliqué sur Twitter dans la nuit que les publications « retirées par erreur » avaient été remises en ligne — nous avons pu constater que c’était bien le cas pour Numerama. Il s’agirait selon lui d’un « problème avec le système de modération automatique qui retire les liens de sites problématiques ». Il a aussi fait mention d’un «  bug dans le système anti-spam » qui n’aurait «  rien à voir » avec la baisse de quantité de modérateurs humains actuellement sur le pont pour gérer les signalements sur Facebook.

La firme a en effet récemment encouragé ses salariés à travailler de chez eux, mais pas les modérateurs contractuels, pour des « raisons de sécurité » et de protection de leurs outils et secrets d’entreprise, ce qui signifie mécaniquement une baisse du nombre de personnes en capacité de modérer les contenus.

Si les publications ont été réinstaurées sur le site, ce « couac » de Facebook montre combien le partage en ligne des informations vérifiées repose sur des mécaniques fragiles. Alors qu’une partie de la population mondiale est contrainte de rester confinée chez elle pour que les établissement de santé puissent gérer les malades atteints du coronavirus, la circulation d’informations sérieuses, recoupées et non-alarmistes est primordiale. Or, vu que les pays tournent au ralenti, les citoyens ont plus de temps pour errer sur les réseaux sociaux, et ont donc besoin de ces articles de médias qualifiés.

Si le réseau social se mettait à nouveau à bloquer des articles vérifiés, cela peut ouvrir la porte (ou laisser la place) à d’autres sites de désinformation, qui profiteraient de la brèche pour répandre des fausses informations ou des rumeurs non vérifiées, ce qui peut avoir des conséquences graves sur la vie des gens.

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