Le 737 MAX est bon pour le service. Du moins, selon Boeing. L’avionneur annonce que la mise à jour du système anti-décrochage est prête. Il reste toutefois à la certifier.

Ce n’est pas encore le bout du tunnel pour Boeing, mais l’avionneur n’est plus très loin de mettre les soucis du 737 MAX derrière lui. Et accessoirement de permettre à l’avion de revoler. Dans un communiqué paru le 16 mai, le géant de l’aéronautique annonce avoir achevé le développement de la mise à jour du MCAS, acronyme pour Maneuvering Characteristics Augmentation System.

Derrière ce nom obscur se cache en fait le système anti-décrochage destiné à ajuster le comportement du 737 MAX en vol. C’est le comportement de ce dispositif — couplé à une série d’autres anomalies et erreurs — qui est en cause dans le double accident aérien qui a eu lieu en octobre 2018 avec le crash du vol 610 Lion Air et en mars 2019 avec la disparition du vol 302 Ethiopian Airlines.

737 Max

L’intérieur de la cabine. // Source : airbus777

Des heures de vol d’essai

Dans les grandes lignes, la mise à jour du MCAS compare les données des deux sondes dédiées à l’angle d’attaque (c’est-à-dire l’orientation de l’avion par rapport au flux d’air). S’il y a un écart d’appréciation de 5,5 degrés ou plus, le MCAS n’intervient pas, mais une alerte visuelle est affichée sur un écran. De plus, l’équipage est toujours en mesure de contrer le MCAS pour gérer le pilotage manuellement.

Des semaines de travail ont été requises pour en arriver là. Côté chiffres, l’entreprise assure avoir effectué plus de 360 heures de vol à travers 207 vols pour mettre à l’épreuve la fiabilité du correctif. Cette campagne de test a été complétée avec des essais sur simulateur. En parallèle, l’entreprise s’est attaquée à la formation des pilotes, de façon à les familiariser avec le MCAS, un système mal connu.

Une mise à jour qu’il reste à valider

Maintenant, il reste à communiquer les ultimes retouches techniques à la direction de l’aviation civile américaine (FAA). Il va donc falloir livrer la documentation actualisée au régulateur — ce que Boeing déclare faire. « Une fois les demandes traitées, Boeing travaillera avec la FAA pour planifier son vol d’essai de certification et soumettre la documentation de certification finale », indique le groupe.

À l’international aussi, la remise en état du 737 MAX est suivie de près. D’ailleurs, les principales autres autorités de régulation sont dans la boucle. Fin avril, la FAA a convié neuf homologues étrangères à participer à l’examen des modifications apportées par Boeing. Outre l’Union européenne, sont représentés l’Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, les Émirats arabes unis, l’Indonésie, le Japon et Singapour.

Avion Boeing 737 MAX

Avion Boeing 737 MAX.

Source : Liam Allport

Il faudra aussi « mettre à jour » la FAA

Annoncé le 18 mars, le développement de la mise à jour a connu quelques soubresauts en chemin. Le correctif a été présenté fin mars, mais il a fallu que Boeing remette son ouvrage sur le métier : la mise à jour n’était pas satisfaisante pour l’aviation civile américaine. Résultat, les avions sont restés au sol plusieurs semaines supplémentaires. Ce n’est qu’à la mi-avril, avec le rapport préliminaire favorable de la FAA, que l’horizon a commencé à se dégager.

Ce n’est donc en principe plus qu’une question de jours ou de semaines avant que n’ait lieu le vol de qualification du 737 MAX et, en principe, l’autorisation de retourner sur les pistes de décollage. Cependant, même si la flotte du 737 MAX retourne dans le circuit, cela ne marquera pas pour autant la fin de l’affaire. Par ricochet, cette dernière a en effet mis en lumière de grosses lacunes en matière de certification et de contrôle.

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