Le régulateur de l'aviation civile américaine a produit un rapport préliminaire sur la mise à jour du logiciel contrôlant la stabilité automatique du 737 MAX. Le correctif est jugé satisfaisant, mais Boeing a encore du travail.

Boeing est en bonne voie de pouvoir refaire voler le 737 MAX, qui depuis plus d’un mois cloué au sol partout dans le monde. Dans un rapport préliminaire publié le 16 avril 2019, la direction de l’aviation civile américaine (FAA) a relevé avec satisfaction les modifications proposées par le constructeur aéronautique.

Ce qui a été évalué ici est la formation liée aux améliorations logicielles pour assurer un bon comportement de l’avion en vol, explique l’organisme fédéral. Sur les mises à jour elles-mêmes, elles sont « adaptées d’un point de vue opérationnel », indique le pré-rapport, cité par la presse. Quant à la formation, il est demandé de la compléter avec des manœuvres en vol et non pas seulement sur simulateur.

Boeing 737 MAX avion
Un Boeing 737 MAX en manœuvre. // Source : Nathan Coats

Le MCAS au cœur des préoccupations

Ces changements se focalisent sur le MCAS (Maneuvering Characteristics Augmentation System).

Le MCAS est système qui sert à stabiliser automatiquement l’avion en vol, en modifiant leur incidence — en principe pour prévenir tout risque de décrochage. Le MCAS modifie donc la portance du 737 MAX en baissant ou élevant son nez, grâce à la gouverne de profondeur (qui est située au niveau de l’empennage), afin de proposer un angle satisfaisant par rapport au flux d’air face à l’avion.

Dans les jours qui ont suivi la deuxième catastrophe aérienne ayant impliqué l’un de ses appareils, Boeing a annoncé un patch logiciel parmi un train de mesures. Celui-ci a été dévoilé fin mars, mais n’a pas été jugé satisfaisant par la FAA. Deux semaines plus tard, changement de ton de la part du régulateur, qui esquisse la perspective d’une future certification du correctif.

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Un moteur CFM International LEAP. // Source : Engineering at Cambridge

Boeing pas encore tiré d’affaire

Cela n’aura toutefois pas lieu avant au moins deux semaines. Le pré-rapport se trouve en effet à l’étape de la consultation publique. À l’issue, la FAA procédera à une évaluation finale. En parallèle, l’industriel américain doit soumettre la version finale de son patch en vue de sa certification. Ce n’est que cette étape franchie que le 737 MAX pourra revoler, du moins dans le ciel américain.

La suspension de vol qui frappe le 737 MAX est exceptionnelle par son ampleur. Jamais un modèle d’avion n’avait subi une telle levée de boucliers, qui est sans précédent dans l’histoire de l’aviation. Dès le jour du second crash, les premières compagnies aériennes et les premiers pays ont cessé de le faire voler. Cette mesure conservatoire s’est ensuite propagée à la quasi-totalité du globe.

Crédit photo de la une : airbus777

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