Les modifications techniques proposées par Boeing pour le 737 MAX doivent encore être travaillées. Cela pourrait prendre quelques semaines.

Ce n’est pas demain la veille que le Boeing 737 MAX pourra retourner sur les pistes de décollage. Le correctif logiciel que le constructeur aéronautique américain a présenté fin mars pour fiabiliser le fonctionnement du MCAS (Maneuvering Characteristics Augmentation System), un système qui sert à stabiliser les avions en vol, n’a pas été validé par les autorités compétentes.

« La Federal Aviation Administration (FAA) n’approuvera pas l’installation du logiciel avant que l’agence ne soit satisfaite », déclare-t-elle dans un communiqué paru le 1er avril. C’est très fâcheux pour Boeing, qui n’a qu’une hâte, c’est de pouvoir passer enfin à autre chose. Car en attendant, la production du 737 MAX continue — pour l’instant, du moins — et les compagnies aériennes sont dans l’expectative.

« Il faut du temps pour effectuer des travaux supplémentaires », continue la direction de l’aviation civile américaine, pour « s’assurer que Boeing a bien cerné tous les problèmes pertinents et y a donné suite de façon appropriée ». La FAA promet un examen rigoureux de la sûreté du dispositif, qui devrait avoir lieu dans les prochaines semaines, lorsque la société aura apporté les dernières touches à son logiciel.

Federal Aviation Administration (FAA)
Les bureaux de la Federal Aviation Administration (FAA). // Source : F Delventhal

La FAA revoit ses procédures

La rigueur avec laquelle la FAA traite ce dossier n’est sans doute pas étrangère avec les reproches qui ont été formulés à son encontre. La presse outre-Atlantique a mis en lumière la réalité d’une supervision bancale de la FAA. Sur le 737 MAX, la direction de l’aviation civile a délégué une partie de la certification à Boeing, qui ne peut pas fondamentalement avoir un regard objectif sur son travail, au regard des enjeux économiques.

Il est d’ailleurs prévu que la FAA modifie d’ici juillet 2019 ses procédures de supervision de la sécurité aérienne. Deux avions 737 MAX construits et livrés par Boeing se sont écrasés en l’espace de quelques mois. Si les enquêtes ne sont pas terminées, des similitudes entre les deux catastrophes aériennes ont été observées — au niveau du MCAS, avec l’absence de formation pour les pilotes et de certains dispositifs de sécurité.

Le fait que la FAA renvoie Boeing à sa table de travail est aussi cohérent avec le rythme de l’enquête du dernier crash. Avant de pousser un correctif sur l’ensemble de la flotte des 737 MAX, il apparaît logique de consulter d’abord le rapport produit par les autorités éthiopiennes — il pourrait être finalisé cette semaine — et voir si des modifications additionnelles ne sont pas nécessaires.

Ce n’est qu’à ce moment-là que la reprise des vols du 737 MAX devrait être autorisée.

Un Boeing 737 MAX
Un Boeing 737 MAX en vol. // Source : Acefitt

Crédit photo de la une : Nathan Coats

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