42 employés de Tesla se sont confiés à nos confrères de Business Insider US : ils décrivent des conditions de travail éreintantes mais aussi un patron « imprévisible ».

À quoi ressemble le quotidien d’un employé de Tesla ? Business Insider US est parvenu à rencontrer 42 salariés de l’entreprise d’Elon Musk, et les résultats de cette enquête publiée le 4 septembre 2018 sont pour le moins édifiants.

L’enquête de Business Insider US montre combien certains employés apprécient de travailler dans une entreprise qui se présente comme étant en train de façonner le futur, et rendre la planète plus verte grâce à des technologies de panneaux solaires ou de voitures électriques. « J’aime l’image entière de ce qu’on fait, notre mission. On est en train de rentrer dans l’histoire ! », lance ainsi Branton Phillips, un membre de la division de contrôle de la production.

Mais l’article souligne aussi de nombreux points négatifs, et notamment les conditions de travail éreintantes et la personnalité d’Elon Musk, qui pose parfois problème.

Capture d’écran d’Elon Musk dans une interview YouTube // Source : YouTube/ Marques Brownlee

Des employés qui vouent un « culte » à Elon Musk

«  Elon fait à peu près ce qu’il veut, quand il veut », décrit un salarié. « Il y a des employés qui vouent un culte à Elon, un peu comme dans une secte », a dit un autre. « Dans aucune autre entreprise les salariés vont applaudir à tout rompre quand le PDG vient annoncer les résultats trimestriels sur un podium. »

Le PDG de Tesla est connu pour ne rien déléguer (il n’a pas de bras droit) et être présent quasiment tout le temps sur les sites de production — ce qui avait d’ailleurs poussé des internautes à se cotiser pour acheter au milliardaire un canapé de qualité pour ses siestes. C’est aussi grâce à cette attitude qu’il a gagné la confiance d’une grande partie de ses employés, qui sont prêts à se dépasser pour « réussir à accomplir l’impossible », comme Musk les y encourage souvent.

Elon Musk // Source : Flickr TED Conference

La « vie Tesla » demande des sacrifices

Au niveau des conditions de travail, il est connu que Tesla attend beaucoup de ses salariés afin d’atteindre des objectifs de production très élevés. Elon Musk a tablé sur la fabrication 5 000 Model 3 par semaine : une barre que l’entreprise a réussi à passer il y a peu, mais qu’elle aurait à nouveau manquée depuis. « Elon vous dit ‘Voilà, lance aujourd’hui, ou dans deux semaines’. Et si ça vient du PDG et qu’il l’a déjà annoncé publiquement, vous devez le faire », explique un employé à Business Insider US.

Cette obsession pour les chiffres peut se traduire par des accidents : il y aurait eu 300 appels au « 911 » (qui regroupe police, pompiers et ambulances) en deux ans émanant uniquement de l’usine de Fremont — 11 concernant des accidents et 6 à propos d’accidents sans « blessure visible », précisent nos confrères.

« Les gens démissionnent au bout de 2 heures ou d’une semaine »

Un employé nommé Paul Sakuma, qui effectue des réparations sur les chaînes de production entre 10 et 12 heures par jour, parle de recrues qui «  démissionnent au bout de 2 heures ou d’une semaine ». Il mentionne également peu de toilettes pour le nombre de salariés (plus de 2 000) et de longues files d’attente. De nombreux employés qui se disent heureux se décrivent comme des «  fous de travail » qui s’infligeraient eux-mêmes 70 heures de labeur par semaine.

Contacté par Numerama, un porte-parole de Tesla nous transmet : « Il ne devrait y avoir aucun doute sur le fait que nous nous soucions profondément du bien-être de nos employés et que nous faisons notre possible pour prendre les bonnes décisions et échouer le moins souvent possible. En matière de sécurité, nos données indiquent que nous sommes au même niveau que les autres constructeurs automobiles et que nous nous améliorons tous les mois. Nous continuerons à travailler en ce sens jusqu’à ce que notre usine devienne la plus sûre au monde et de loin. »

Tesla Model 3 // Source : Tesla

Les problèmes financiers du fabricant de véhicules électriques ont été soulignés à maintes reprises, notamment lorsque l’entreprise a vu s’échapper beaucoup de liquidités pour des achats de matériaux ou lorsqu’elle a demandé à des fabricants de lui rendre une partie des sommes déjà versées.

Mise à jour avec les propos d’un porte-parole de Tesla.

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