Le constructeur automobile Tesla avait de grandes ambitions pour la Model 3. Le groupe rencontre toutefois d'importantes difficultés à produire ce véhicule électrique.

Lorsque Tesla a officialisé la Model 3, le constructeur automobile américain estimait pouvoir faire sortir de ses chaînes d’assemblage 5 000 véhicules par semaine fin 2017 et jusqu’à 10 000 unités par semaine l’année suivante. Mais si « tout se passe bien  », avait toutefois mis en garde Elon Musk, lui qui est coutumier des calendriers ambitieux mais difficiles à respecter, voire intenables.

Le fait est que tout ne s’est pas bien passé.

Dans un courrier interne envoyé fin mars, l’industriel a en effet indiqué être très loin de ses ambitions initiales, puisqu’à peine 2 000 véhicules Model 3 sont effectivement assemblés chaque semaine. Un revers qui n’a pas dissuadé l’entrepreneur américain de cesser de fixer des objectifs improbables, étant donné les circonstances, à l’image de la nouvelle cadence promise par le groupe : 6 000 Model 3 par semaine.

Car les circonstances ne sont guère favorables à Tesla : en début d’année, des ingénieurs et d’anciens employés du groupe expliquaient que les batteries des Model 3 sont en partie assemblées à la main, ce qui provoque des retards, et que le groupe serait contraint d’aller chercher de la main-d’œuvre extérieure et pas forcément qualifiée pour augmenter sa capacité de production.

Ces témoignages anonymes, Tesla les conteste évidemment.

Mais entre les soucis de production de la Model 3 et les arrêts temporaires des chaînes d’assemblage dont Tesla jure qu’ils sont planifiés (« ils sont organisés pour améliorer l’automatisation et régler les goulots d’étranglement afin d’augmenter le taux de production. Ce n’est pas inhabituel et, en fait, très commun dans les chaînes de production comme celles-là  »), ses dénégations peinent à convaincre.

Tesla bataille pour produire la Model 3

En effet, selon des documents internes consultés par Business Insider, les efforts de la société pour redresser au plus vite la barre pèsent sur ses finances. Depuis le début de l’année, le groupe aurait ainsi dépensé près de 150 millions de dollars dans des matériaux de rebut, un montant qui n’inclut pas les coûts périphériques, comme la main-d’œuvre ou le prix énergétique,

Et il y a beaucoup de pièces inutilisables. « Jusqu’à 40 % des matières premières utilisées pour produire des batteries et des unités de propulsion fabriquées à la Gigafactory de Tesla au Nevada doivent être mises au rebut ou retravaillées par les employés avant d’être envoyées à l’usine Tesla de Fremont, en Californie, pour être assemblées dans les Model 3 », écrivent nos confrères.

gigafactory
Crédits : Tesla

Tesla a naturellement nuancé significativement ces affirmations, expliquant que « comme on peut s’y attendre avec tout nouveau procédé de fabrication, nous avons obtenu des taux de rebut élevés précédemment dans la production de la Model 3. C’est quelque chose que nous avons planifié et c’est une phase normale d’un processus de production ».

Il n’y aurait donc pas à s’en faire. Toujours est-il que sur le plan financier, l’équation n’est pas encore favorable à Tesla : en présentant ses données pour le premier trimestre 2018, le groupe a confirmé une perte de 785 millions de dollars, contre 400 millions pour les trois premiers trimestres de 2017. Le groupe assure que les choses iront mieux au deuxième trimestre de 2018.

Cela reste à voir. En tout cas, les choses iront sans doute mieux si la Model 3 se vend, donc si les soucis rencontrés au niveau des chaînes d’assemblage s’estompent. Mais pour aller mieux, il ne paraît pas possible pour le constructeur de tenir aussi sa promesse initiale de vendre ce véhicule à 35 000 dollars. Dans les faits, le constructeur semble avoir besoin dans l’immédiat d’une production de masse de voitures onéreuses.

À lire sur Numerama : Tesla  : pourquoi «  la Model 3 à 35 000 dollars  » n’est toujours pas vendue

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