Proposer des mises à jour fréquentes d'un véhicule est l'une des avancées majeures de Tesla par rapport au reste de l'industrie. Mais c'est aussi la porte ouverte à l'incompréhension de certains conducteurs.

C’est une rengaine dans le monde de la téléphonie mobile, mais elle est encore inconnue dans le monde de l’automobile. À chaque fois qu’un constructeur de smartphone met ses appareils à jour, une vague de questions émerge sur le web avec deux angles plus ou moins similaires : « la dernière mise à jour fait baisser l’autonomie de mon smartphone » ou «  la dernière mise à jour ralentit mon smartphone ». Aujourd’hui, ces vagues de critiques souvent injustifiées et qui ne correspondent qu’à un ressenti touchent un constructeur d’un tout autre genre : Tesla.

La mise à jour de la discorde

En effet, Tesla a changé en profondeur les règles de l’automobile en empruntant beaucoup au marché de la technologie. Par exemple, en 2018, un constructeur traditionnel préférera vous faire racheter une voiture plutôt que de mettre à jour votre système embarqué — c’est même une position philosophique forte pour des géants du luxe comme Audi. Tesla, de son côté, met à jour ses véhicules comme s’il s’agissait d’un service. Et l’Américain prend déjà l’industrie de haut : ces mises à jour changent des paramètres liés à l’infodivertissement, mais aussi à la conduite.

C’est comme cela qu’une Model S d’entrée de gamme peut être plus rapide à l’accélération aujourd’hui que lors de sa première commercialisation il y a quelques années. C’est aussi comme cela que les Model 3 ont été ajustées pour mieux freiner — elles peuvent s’arrêter 5 mètres plus tôt depuis la mise à jour.

Et sans surprise, cette habitude de Tesla a déclenché chez ses clients les mêmes réactions que sur le marché des technologies mobiles. Un sujet nommé « Tesla a-t-il ralenti nos véhicules ?  » a été créé sur les forums officiels par un possesseur de Model 3. Plusieurs commentaires font état de ce manque de patate du véhicule à la suite de la plus récente mise à jour. Ces conducteurs affirment que le mode chill, censé enclencher une conduite plus douce, n’est pas activé, mais qu’ils ressentent néanmoins une accélération moindre.

Certains commentaires entrent directement dans la conspiration  : « Cela ne me surprendrait pas. C’est parfaitement en phase avec ce que Tesla fait pour décourager les gens d’acheter les modèles les moins chers et vendre les configurations les plus onéreuses  ». Cette remarque, qui s’appuie sur un fait réel, tourne une sensation en Grand Plan machiavélique.

La conversation n’a pas amené dans son sillage que des déçus : d’autres conducteurs affirment qu’ils n’ont rien ressenti entre deux mises à jour. Contacté par nos confrères de The Verge, Tesla a affirmé qu’aucun paramètre lié à l’accélération n’avait été touché sur les dernières mises à jour. Et de leurs côtés, les conducteurs n’ont apporté aucune preuve formelle pour appuyer leur ressenti. Il semblerait donc qu’en proposant un service novateur, Tesla se confronte au sentiment généralement partagé après une mise à jour. Car s’il y a bien des différences entre un iPhone et une Model 3, la psychologie humaine ne change pas.

Les conducteurs n’ont apporté aucune preuve formelle pour appuyer leur ressenti

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