Lors de l’opération militaire Absolute Resolve au Venezuela, qui a permis la capture de Nicolás Maduro, la question s’est posée de savoir si les États-Unis ont employé pour la première fois des drones kamikazes sur le champ de bataille. Avec le nouveau front qui s’est ouvert en Iran deux mois plus tard, il n’y a plus de doute : ces engins sont bel et bien opérés.
Plusieurs médias spécialisés — The War Zone, Defense One, DefenseScoop — rapportent en effet que Washington a utilisé pour la première fois une variété bien particulière de drones kamikazes : ceux appartenant à la gamme LUCAS (Low-Cost Uncrewed Combat Attack System). Ils ont même servi dès les premières heures de l’opération, le 28 février 2026.
C’est ce qu’a aussi confirmé le Central Command, le centre en charge des opérations militaires des USA au Moyen-Orient : « la Task Force Scorpion Strike utilise des drones d’attaque au combat dans le cadre de l’opération Epic Fury. Ces drones à bas coût, inspirés des drones Shahed iraniens, sont désormais utilisés pour des représailles de fabrication américaine. »

Un drone dérivé d’un drone iranien, utilisé contre l’Iran
Et c’est bien là le plus piquant : comme l’a pointé le CENTCOM, le drone kamikaze LUCAS est une munition téléopérée qui est une copie du Shahed iranien, un drone kamikaze tristement célèbre. Celui-ci est notamment utilisé par la Russie pour frapper l’Ukraine quotidiennement. On l’a également vu à l’œuvre dans d’autres conflits, comme au Yémen ou contre Israël.
Il y a quelque chose qui relève de l’ordre de l’arroseur arrosé ici. Washington met en œuvre contre l’Iran un type d’armement dérivé de celui que Téhéran exporte justement bien volontiers à Moscou, ou qu’il utilise au Moyen-Orient lors de confrontations militaires. À ce stade, on ignore combien de munitions téléopérées LUCAS ont été utilisées dans ce conflit.
Comme le note The War Zone, la lignée de ces engins est assez hétéroclite. Si le LUCAS est basé sur le Shahed 136, lui-même est une déclinaison d’un drone israélien (Harop), qui a lui-même des ramifications jusqu’à un concept d’engin allemand (DAR), qui date des années 1980. Dès lors, peut-être que le LUCAS inspirera à son tour une autre déclinaison.

Pensé pour l’entraînement, réorienté pour la guerre
Mais ce n’est pas le plus surprenant : à l’origine, le LUCAS n’avait pas une vocation offensive. Plutôt que de servir au combat, ils devaient servir de « plastron », c’est-à-dire de cible pour l’entraînement des troupes américaines. L’objectif : mieux préparer les fantassins à faire face à ces munitions à bas coût utilisées massivement par la Russie et l’Iran.
Mais très vite, les militaires ont noté à la fois l’efficacité du design iranien et l’urgence de disposer de capacités offensives saturantes et peu onéreuses. Aussi a-t-il été décidé de reconvertir les drones d’entraînement fournis par l’entreprise américaine SpektreWorks, qui avait assuré la rétro-ingénierie, en vue d’en faire des vecteurs d’attaque, armés de charges explosives.
Car un drone LUCAS coûte environ 35 000 dollars à l’unité. Le calcul est vite vu par rapport à un missile de croisière Tomahawk, dont le prix unitaire avoisine les 1,5 million de dollars. Pour autant, il ne s’agit pas forcément de remplacer l’un par l’autre : durant l’opération Fureur Épique, la salve initiale américaine a mobilisé les deux.
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