L’Ukraine a confirmé que des drones russes utilisent le réseau Internet Starlink, qui passe par les satellites de SpaceX. Certains de ces engins ont un long rayon d’action, suffisant pour atteindre les frontières de l’OTAN.

La mèche avait été vendue ce week-end par Serhiy Beskrestnov, juste avant sa nomination comme conseiller en technologie de défense auprès du gouvernement. C’est maintenant une information officiellement endossée par les autorités ukrainiennes : l’armée russe utilise bien des drones de combat équipés de liaisons satellitaires fonctionnant avec Starlink.

C’est Mykhaïlo Fedorov, récemment promu ministre de la Défense, qui a fait cette annonce le 26 janvier 2026 lors d’un évènement dédié aux drones — l’occasion de dresser un bilan et de féliciter certaines unités ukrainiennes qui se sont montrées très efficaces sur le terrain, en présence du président Volodymyr Zelensky.

« Aujourd’hui, les Russes ont lancé des drones utilisant Starlink. Nous devons réagir très rapidement », selon les propos rapportés par l’agence Interfax le 27 janvier 2026. « La rapidité de notre réponse, la prévision des incidents futurs et la réaction aux menaces potentielles doivent nous permettre d’éviter tout problème à notre population et à nos militaires. »

Un approvisionnement en terminaux Starlink via le marché noir

La porosité de Starlink aux intérêts russes n’est pas une information tout à fait nouvelle. Depuis le début de l’invasion, et singulièrement depuis 2024, il est régulièrement remonté des indices nets de l’utilisation du réseau Internet de Starlink par l’armée russe. Cela, alors qu’aucune relation commerciale n’est en vigueur entre Starlink et la Russie.

Au contraire, le service d’accès à Internet opéré par SpaceX (qui déploie et opère une immense constellation de satellites dans l’espace, en orbite autour de la Terre) est un appui important de Kiev. L’armée ukrainienne s’en sert pour diriger ses drones et ses missiles, et cela consolide la résilience du pays en matière de connectivité.

Le fait est, cependant, qu’il existe un marché noir international dans lequel la Russie vient s’approvisionner, afin de faire entrer des terminaux en Ukraine, via la frontière commune, et équiper les unités russes au sol — y compris de manière très rustique, à dos de cheval. Et l’imbrication sur le champ de bataille tend à compliquer la détection de ces mésusages.

Des terminaux Starlink sur des chevaux // Source : Special Kherson Cat ( @ bayraktar_1love ) sur X
Des terminaux Starlink sur des chevaux // Source : Special Kherson Cat ( @ bayraktar_1love ) sur X

Si Elon Musk, le fondateur de SpaceX, a déjà rejeté les allégations selon lesquelles la société vendrait des terminaux à la Russie, la prise de parole publique de Mykhaïlo Fedorov pourrait être vue comme une incitation à en faire beaucoup plus. D’autant que la situation s’aggrave : ces terminaux sont maintenant associés à des drones à longue portée.

L’Institut pour l’étude de la guerre, un groupe de réflexion américain sur les sujets militaires, a par exemple relevé que Moscou « utilise de plus en plus les systèmes satellitaires Starlink pour étendre la portée des drones de combat BM-35 afin de mener des frappes à moyenne portée contre l’arrière des lignes ukrainiennes. »

« La portée annoncée de 500 kilomètres des drones BM-35 équipés de Starlink place la majeure partie de l’Ukraine, la totalité de la Moldavie et certaines régions de Pologne, de Roumanie et de Lituanie à leur portée s’ils sont lancés depuis la Russie ou l’Ukraine occupée », a-t-il été ajouté. La Pologne, la Roumanie et la Lituanie font partie de l’OTAN.

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