Abattre un drone avec un missile à 1,5 million d’euros ? Ce n’est plus possible. L’armée veut en finir avec cette aberration financière. Pour préserver ses stocks face aux menaces plus critiques, le patron de la direction générale de l’armement confirme l’intégration de roquettes Thales sur les Rafale. Une parade redoutable disponible dès cet été.

Détruire un drone ennemi, c’est bien. Le détruire sans dépenser des fortunes, c’est mieux. Voilà, en résumé, l’équation économique qui occupe les pensées de chaque état-major face à l’essor des aéronefs sans pilote. C’est d’autant plus vrai en France que l’armée de l’Air et de l’Espace s’est retrouvée à devoir en abattre, dans le cadre de la guerre en Iran.

Car tout le monde s’accorde à dire que ce n’est pas l’option la plus idéale que de tirer des missiles MICA, dont le prix unitaire atteint 1,5 million d’euros, contre des drones à bas coût dont la fabrication ne coûte la plupart du temps que quelques (dizaines de) milliers d’euros. Depuis des mois, le sujet était sur la table de l’armée.

L’option roquette dès cet été

Depuis, les choses ont avancé. Comme on l’apprend au détour de l’audition du délégué général pour l’armement (DGA), survenue le 15 avril 2026 à l’Assemblée nationale, une nouvelle gamme d’armement arrive pour le Rafale pour traiter cette menace aérienne aussi efficacement qu’avec un missile MICA, mais pour une fraction de son prix.

L’intéressé a expliqué aux membres de la commission de la défense nationale que des travaux ont été lancés pour greffer des paniers de roquettes sous les ailes de l’avion de chasse français. « Des roquettes qui sont notamment fabriquées par Thales, qui coûtent évidemment beaucoup moins cher que des MICA », a souligné le patron de la DGA, Patrick Pailloux.

Et la bonne nouvelle pour les forces armées, c’est que le calendrier pour ces roquettes est particulièrement resserré. L’intégration n’est plus une simple perspective lointaine : le patron de la Direction générale de l’armement a en effet confirmé que le dispositif est « en cours » de développement et qu’il sera « disponible cet été. »

Dassault Rafale
Source : Dassault Aviation

Le patron de la DGA ne s’est pas étalé sur les spécificités de ces roquettes.

Dans le cas de Thales, la munition fournie pourrait être la roquette de 68 mm à guidage laser. Déjà en service dans les forces armées depuis plus de 15 ans, selon l’entreprise française, elle est décrite comme polyvalente, très légère et pertinente contre les drones. Ces roquettes sont déjà employées sur des hélicoptères Tigre.

Sa grande portée est aussi intéressante. Selon Thales, « leur système de guidage laser semi-actif permet d’engager des cibles à des distances allant jusqu’à 5 000 mètres », en procédant à des tirs « au-delà de la ligne de visée ». De quoi en principe permettre d’engager les cibles à distance, sans avoir le risque de percuter d’éventuels débris.

Préserver les missiles MICA pour les menaces complexes

Au-delà de l’équation économique, le remplacement des missiles MICA par des roquettes a aussi un enjeu capacitaire et stratégique. On priorise ainsi des armements plus simples pour abattre des menaces relativement lentes et modérément dangereuses, ce qui permet à l’armée de l’Air de garder des armes plus complexes pour le haut du spectre.

Les missiles MICA, qu’ils soient à guidage électromagnétique ou infrarouge, sont des vecteurs redoutables capables de filer à Mach 4 sur des distances de 60 à 80 km. Ce sont des missiles d’interception de pointe qui constituent l’armement central du Rafale pour le combat aérien. C’est avec ça que l’on engagerait des avions ou des missiles ennemis.

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