C’est une signature sonore que les Ukrainiens ne connaissent que trop bien, mais qui n’était jusqu’ici jamais associée publiquement à l’arsenal militaire des États-Unis. Dans de nombreuses vidéos circulant sur les réseaux sociaux depuis ce week-end, et qui documentent les frappes américaines à Caracas, on peut entendre un bourdonnement suraigu, comme un hurlement, juste avant les explosions.
Pour le site spécialisé The War Zone, ce son ne fait guère de doute : c’est le signe que l’armée américaine a profité de l’opération pour éprouver ses nouveaux drones kamikazes — que l’on appelle pudiquement munitions rôdeuses ou munitions téléopérées, des termes moins connotés que drones suicides. C’est le développement que le média fait dans un article publié le 5 janvier 2026.
Le cri de la banshee
Ce qui trahit la présence de ces armes, développent nos confrères, c’est le bruit. Contrairement à un missile Hellfire qui file à une vitesse supersonique (et est donc silencieuse jusqu’à l’impact), les munitions rôdeuses sont propulsées par de petits moteurs à hélice, et à une vitesse subsonique, c’est-à-dire sous le mur du son (environ 1 225 km/h).
Cette signature acoustique est parfois décrite comme le hurlement d’une banshee. Elle est proche de sons produits par d’autres aéronefs sans pilote, comme le drone israélien Harop (utilisé par l’Azerbaïdjan contre l’Arménie durant le conflit du Haut-Karabagh) ou le drone iranien Shahed-136 (que l’Iran a employé contre Israël, et dont la Russie se sert en Ukraine).
Tactiquement, pointent nos confrères, une telle arme offre des atouts non négligeables : elle coûte moins cher qu’un missile et le bruit qu’elle génère peut déstabiliser les personnes aux alentours, et en particulier les soldats qui sont censés faire face. Employée à grande échelle, elle peut aussi saturer la défense adverse.
Des drones tirés depuis des hélicoptères ?
L’analyse des images suggère une autre innovation majeure, durant cette opération visant à capturer le président vénézuélien Nicolás Maduro : ces drones n’auraient pas été tirés depuis le sol ou des navires, mais depuis les airs. On parle ici de drones potentiellement éjectés directement depuis des tubes fixés sous les ailes des hélicoptères.
Il s’avère que le 160th SOAR, une unité d’élite baptisée les « Night Stalkers » qui a mené le raid pour capturer Maduro, teste ce concept depuis des années. Le principe ? Un hélicoptère de transport MH-60 Black Hawk largue ces drones en avant de sa position pour qu’ils nettoient le terrain avant son arrivée. Une vidéo de 2021 montrait le concept.
+ rapide, + pratique, + exclusif
Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.
Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.
Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci
Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.
Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :
- 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
- 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
- 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.
Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.
Toute l'actu tech en un clin d'œil
Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !
Tous nos articles sont aussi sur notre profil Google : suivez-nous pour ne rien manquer !












