Anthropic vient peut-être de résoudre son principal goulot d’étranglement. Débordée par le succès de Claude — et surtout de Claude Code — la firme a annoncé, le 6 mai 2026, un partenariat avec SpaceX afin d’utiliser son data center Colossus 1. L’objectif : augmenter immédiatement les capacités de calcul et les limites d’usage de son IA.
Une chose est désormais claire : Claude n’est plus seulement un chatbot, mais une véritable suite d’outils. Parmi eux, Claude Code — l’assistant dédié aux développeurs — est devenu le cœur du modèle économique d’Anthropic. Les revenus associés ont explosé en quelques mois jusqu’à atteindre plusieurs milliards de dollars en rythme annualisé. Mais cette croissance s’est heurtée à une limite très concrète : le manque de GPU disponibles pour absorber la demande.
Résultat : Anthropic a progressivement durci les restrictions d’usage de Claude et de Claude Code, avec des quotas serrés, des limitations aux heures de pointe et des contraintes API parfois frustrantes pour les clients payants qui fondent leurs workflows dessus. Une situation qui pourrait désormais appartenir au passé.

En quoi consiste le partenariat entre Anthropic et SpaceX ?
« Nous avons conclu un partenariat avec SpaceX qui augmentera considérablement notre capacité de calcul », explique Anthropic dans son communiqué. « Grâce à cela, et à nos autres accords récents en matière de calcul, nous avons pu relever nos limites d’utilisation pour Claude Code et l’API Claude. »
Concrètement, plusieurs changements entrent en vigueur dès aujourd’hui :


- les limites de facturation sur cinq heures de Claude Code vont doubler pour les offres Pro, Max, Team et Enterprise
- la réduction des limites d’utilisation aux heures de pointe sera supprimée pour les comptes Pro et Max
- les limites de débit API pour les modèles Claude Opus seront « considérablement » augmentées
Dans le détail, l’accord conclu avec SpaceX permettra à Anthropic d’utiliser l’intégralité de la capacité informatique du centre de données Colossus 1. Cela représente plus de 300 mégawatts de puissance de calcul supplémentaire et l’accès à plus de 220 000 GPU Nvidia d’ici à la fin du mois.

« Cette capacité supplémentaire améliorera directement l’expérience offerte aux abonnés Claude Pro et Claude Max », précise l’entreprise. Si cette collaboration est d’une ampleur inédite pour Anthropic, ce n’est toutefois pas la première fois que la société fait appel à des partenaires externes pour étendre rapidement ses capacités de calcul. La société évoque notamment :
- Un accord avec Amazon portant sur une capacité pouvant atteindre 5 gigawatts (GW), dont près de 1 GW de nouvelle capacité attendue d’ici à fin 2026
- Un accord de 5 GW avec Google et Broadcom, dont la mise en service doit débuter en 2027
- Un partenariat stratégique avec Microsoft et Nvidia comprenant 30 milliards de dollars de capacité Azure
- Ainsi qu’un investissement de 50 milliards de dollars dans les infrastructures américaines dédiées à l’IA via Fluidstack.
Autrement dit, Anthropic ne cherche plus seulement à combler son manque actuel de GPU : l’entreprise tente désormais de sécuriser, sur plusieurs années, l’infrastructure nécessaire pour soutenir la montée en puissance de ses modèles et de ses outils à destination des développeurs.
Anthropic précise également que ses modèles reposent déjà sur une infrastructure matérielle très diversifiée. « Nous entraînons et exécutons Claude sur une gamme de matériels d’IA — AWS Trainium, Google TPU et GPU Nvidia — et continuons d’explorer les possibilités d’augmenter notre capacité », explique l’entreprise.
Et la firme voit encore plus loin : dans le cadre de cet accord, Anthropic affirme avoir « manifesté son intérêt pour un partenariat avec SpaceX afin de développer une capacité de calcul d’IA orbitale de plusieurs gigawatts ». Une perspective encore très expérimentale, mais qui illustre l’ampleur des besoins énergétiques et informatiques désormais envisagés par les grands acteurs de l’IA.
Elon Musk est prêt à s’allier à Anthropic pour nuire à OpenAI
Anthropic explique également vouloir accélérer son expansion en Europe et en Asie, notamment via son partenariat avec Amazon, afin de répondre aux besoins des grandes entreprises soumises à des contraintes de conformité et de localisation des données, en particulier dans la finance, la santé ou les administrations publiques.
La société affirme vouloir privilégier des pays disposant d’un cadre réglementaire stable et de chaînes d’approvisionnement sécurisées pour accueillir ces infrastructures. Anthropic assure également s’être engagée à « prendre en charge toute hausse du prix de l’électricité pour les consommateurs causée par nos centres de données aux États-Unis ». Enfin, la société dit aussi réfléchir à des moyens d’étendre cet engagement à d’autres pays, tout en nouant des partenariats avec les élus locaux afin de réinvestir dans les territoires qui accueilleront ses futures infrastructures.
Du côté de SpaceX, ce partenariat laisse entrevoir un autre constat : l’entreprise est probablement l’une des rares du secteur à disposer encore d’importantes capacités de calcul inutilisées. Dans la foulée de l’annonce de l’accord avec Anthropic, Elon Musk a d’ailleurs confirmé un changement stratégique majeur autour de xAI.

En février 2026, alors qu’il préparait l’introduction en bourse de SpaceX, le milliardaire avait annoncé la fusion de SpaceX, xAI et X au sein d’une même structure. À l’époque, xAI devait toutefois continuer d’exister comme entité dédiée à l’intelligence artificielle. Mais le 6 mai, Elon Musk a acté un virage bien plus radical : « xAI va être dissoute en tant que compagnie indépendante, il n’y aura plus que SpaceXAI, les produits IA de SpaceX. »
Ce rapprochement avec Anthropic intervient aussi dans un contexte de conflit ouvert entre Elon Musk et OpenAI. Le patron de SpaceX poursuit toujours l’entreprise de Sam Altman en justice, accusée d’avoir trahi sa mission initiale. En s’alliant désormais avec l’un des principaux concurrents d’OpenAI, Elon Musk montre surtout qu’il est prêt à mettre ses propres infrastructures au service d’une stratégie plus large visant à affaiblir OpenAI sur le terrain de l’IA générative.
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