La guerre entre l’Ukraine et la Russie évolue rapidement sur le terrain technologique. Alors que l’usage de Starlink par Moscou était déjà documenté, de nouvelles observations sur le terrain suggèrent que le Kremlin a commencé à se servir du réseau Internet de Starlink pour connecter ses drones Shahed à longue portée.

C’est sur Telegram que l’alerte a été donnée, le 25 janvier 2026, alors que se déroulait une réunion trilatérale entre la Russie, l’Ukraine et les États-Unis à Abu Dhabi, pour tenter de mettre un terme à la guerre entre Kiev et Moscou. D’après le message, vu plus de 170 000 fois, Starlink aurait servi à des drones russes de longue portée pour la première fois.

C’est Serhiy Beskrestnov qui l’affirme sur son compte Telegram. Il ne s’agit pas de n’importe qui : c’est une figure de la tech militaire en Ukraine, dont les commentaires sont écoutés — hasard du calendrier, il a d’ailleurs été nommé le même jour comme conseiller en technologie de défense auprès du gouvernement.

Une première pour les Shaheds

Dans son message, l’intéressé mentionne une attaque conduite la veille contre des hélicoptères ukrainiens stationnés à Kropyvnytskyï, un district situé dans le centre du pays. Selon lui, l’armée russe a employé des drones Shahed — d’origine iranienne — en utilisant le réseau Internet de Starlink, qui passe par les satellites de SpaceX.

Pour appuyer ses dires, il fait remarquer que ce que l’on voit dans la vidéo qui circule montre « un verrouillage automatique de la cible ainsi qu’un guidage manuel basé sur le visuel », le tout avec un point de vue embarqué. Or, ajoute-t-il, « il n’y a aucun drone à proximité pour créer un réseau radio maillé (mesh) », et ainsi relayer les communications.

La carcasse d'un Shahed. // Source : Conflict Armament Research
La carcasse d’un Shahed. // Source : Conflict Armament Research

La conclusion s’impose d’elle-même, selon lui : « Nous voyons la première utilisation de Shaheds équipés de Starlink. ». Jusqu’ici, des drones kamikazes, qui embarquent une charge explosive et sont précipités sur une cible pour y exploser, volaient en mobilisant un système de guidage inertiel, appuyé par du positionnement par satellite (GPS et Glonass).

Mais ces drones suicides, dont la portée peut atteindre quelques milliers de kilomètres, ont aussi évolué au rythme de la guerre russo-ukrainienne : on a retrouvé des exemplaires de ces drones avec des cartes SIM et des modems 4G. Le passage à l’étape des terminaux Starlink apparaît être l’étape logique qui suit dans cette escalade technologique.

Comme le suggère Serhiy Beskrestnov, cette connexion haut débit change la donne sur le terrain : « ces Shaheds sous contrôle manuel volaient au ras du sol pour échapper à la détection des radars », ce qui rend leur neutralisation beaucoup moins simple. Quant à la liaison haut débit Starlink, elle offre aux Russes un contrôle en temps réel plus commode de ces drones.

Un marché noir de Starlink déjà documenté

L’utilisation de Starlink par les forces russes n’est pas une révélation en soi : elle était suspectée de longue date et documentée. Cela, même si SpaceX et Elon Musk nient toute relation commerciale avec la Russie. Le fait est qu’il existe un marché noir actif, où les terminaux sont achetés via des pays tiers pour équiper les unités russes au sol.

Jusqu’à présent, l’usage était surtout limité à des drones tactiques à la portée moindre, tel le modèle Molniya-2. L’installation de cette technologie était aussi observée de façon encore plus rustique, à dos de cheval. Mais cette intégration sur des munitions rôdeuses de longue portée fait toutefois changer d’échelle cette problématique.

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