Véritable phénomène du début de l’année 2026, OpenClaw, révélé sous le nom de Clawdbot, est peut-être le futur de l’intelligence artificielle. Le concept : héberger sur son propre ordinateur un assistant personnel juste pour soi, qui se souvient de tout et qui peut travailler à sa place même quand on ne lui demande rien. L’IA (ou les IA, il peut en y avoir plusieurs) peut ainsi automatiser du code, se renseigner et faire des placements, gérer la communication d’une entreprise, exécuter des commandes, etc. Son utilisateur peut lui parler depuis une messagerie comme Telegram… et l’IA peut également le solliciter quand nécessaire, pour lui demander l’autorisation d’effectuer une action sensible. OpenClaw libère l’IA générative du simple chatbot et lui donne la possibilité de faire des choses.
OpenClaw a un problème : il est difficile de configurer sa propre instance. L’IA doit être accessible 24h/24 et 7j/7 sur un ordinateur dédié (un Mac mini par exemple, en rupture de stock depuis) ou un serveur privé virtuel loué chez un hébergeur cloud. Le projet est niche et potentiellement dangereux pour les données personnelles, ce qui en fait plus un concept qu’autre chose pour l’instant. Toute l’industrie s’accorde sur une chose : OpenClaw est un aperçu du futur de l’IA, mais il faudra qu’un géant de la tech le démocratise pour que toute l’informatique tourne autour des agents IA.
Le dimanche 15 février, Sam Altman, le patron d’OpenAI, a fait une annonce stratosphérique à l’échelle de l’IA générative : « Peter Steinberger rejoint OpenAI pour piloter le développement de la prochaine génération d’agents personnels. C’est un génie aux idées novatrices sur l’avenir des agents ultra-intelligents qui interagissent entre eux pour accomplir des tâches extrêmement utiles. Nous prévoyons que cette technologie deviendra rapidement un élément central de notre offre de produits », annonce-t-il via un simple tweet.

Débaucher le créateur d’OpenClaw : une publicité ou un vrai coup de génie pour OpenAI ?
Sans surprise, l’annonce de l’arrivée de Peter Steinberger chez OpenAI fait énormément réagir. L’entreprise a déjà réussi un exploit : même ses détracteurs, convaincus qu’elle est sur le déclin, voient en cette action la preuve qu’OpenAI est encore le leader de l’intelligence artificielle.
L’Autrichien, dont le projet a explosé en à peine quelques semaines, a décidé de rejoindre OpenAI plutôt que Google ou Anthropic. Il s’amuse même à se moquer du créateur de Claude à qui il reproche d’avoir passé plus de temps à attaquer son projet (qui s’appelait Clawdbot, ce que les avocats d’Anthropic jugeaient trop ressemblant avec Claude) plutôt qu’à essayer de le comprendre.

Quel sera le rôle de Peter Steinberger chez OpenAI ? Pour l’instant, tout est très mystérieux. On ne sait même pas si Peter Steinberger déménagera à San Francisco ou s’il restera en Europe : certains suspectent cette opération d’être une vaste publicité pour OpenAI qui sécurise la technologie en débauchant son créateur, mais qui lui laissera finalement de la liberté. Peter Steinberger a néanmoins indiqué sur Twitter ne pas avoir d’autre choix que de quitter l’écosystème européen alors qu’il est interdit de travailler autant sur le Vieux Continent. On peut aussi imaginer que le salaire proposé par OpenAI est difficilement trouvable ici. Dernier indice : sur son blog, le développeur indique avoir passé la semaine à San Francisco pour explorer des pistes pour son avenir, avant de choisir OpenAI.
Avec le fondateur d’OpenClaw, OpenAI pourrait concevoir une future version de ChatGPT amenée à remplacer nos systèmes d’exploitations. L’IA pourrait tout faire sur notre ordinateur, commencer à travailler pendant qu’on dort, nous contacter à tout moment et devenir le super-assistant promis par la science-fiction. Reste à savoir à quelle échéance : OpenAI fait une promesse en recrutant Peter Steinberger, mais le nerf de la guerre reste les infrastructures. On imagine mal OpenAI demander aux utilisateurs de faire tourner leur propre instance sur un serveur privé.
Que va-t-il arriver à OpenClaw, qui devrait rester open source ?
« Le mois dernier a été mouvementé, je n’aurais jamais imaginé que mon projet ferait autant de vagues. Internet est redevenu bizarre, et cela a été incroyablement amusant de voir à quel point mon travail a inspiré tant de personnes à travers le monde », écrit Peter Steinberger sur son blog, sans doute en faisant référence à Moltbook, le forum géré par des instances OpenClaw.

Que va-t-il arriver à OpenClaw désormais ? Dans son contrat, Peter Steinberger dit s’être assuré que le projet ne mourra pas : « la communauté autour d’OpenClaw est quelque chose de magique et OpenAI s’est fortement engagé à me permettre d’y consacrer mon temps et sponsorise déjà le projet. Afin de lui donner une structure appropriée, je travaille à en faire une fondation ». OpenAI devrait ainsi les deux projets en vie, même si sa version ChatGPT sera sans doute beaucoup plus simple à installer.
Après avoir déjà fait parler d’eux en 2024 et 2025, les « agents IA » devraient s’imposer comme une des grandes thématiques de l’année 2026. Les premiers systèmes d’exploitation autonomes, commandés par des modèles, pourraient arriver plus rapidement que prévu. En attendant, il y a OpenClaw, tout juste mis à jour avec de nouvelles fonctions pour communiquer avec son IA.
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