Clawdbot s’est imposé en quelques jours comme le nouveau jouet à la mode de l’écosystème IA : un agent personnel capable de lire vos messages et, plus généralement, d’organiser votre vie numérique de manière proactive, 24 heures sur 24. Mais dans l’enthousiasme général, un point crucial est relégué au second plan par un bon nombre d’utilisateurs : la cybersécurité.

Il est présenté par certains comme « Siri, si ça marchait vraiment ».

Clawdbot est le dernier phénomène qui s’est emparé de l’écosystème des férus de tech partout à travers le monde. Cet outil open source serait la réponse à une promesse très attendue depuis de nombreuses années : celle de pouvoir enfin disposer d’un assistant virtuel proactif, qui sait nous conseiller, résumer nos tâches et nos accomplissements, automatiser certaines actions en ligne et même suggérer des modifications à notre planning si le contexte n’est plus propice.

Pour y parvenir, Clawdbot nécessite évidemment qu’on lui donne accès à des outils très sensibles : navigateur, fichiers locaux, messageries privées, parfois même objets connectés.

Mais voilà, l’outil en est encore à sa phase de développement et son installation demande quelques rudiments techniques et dans l’enthousiasme général, de nombreux utilisateurs ont visiblement configuré leur nouvel assistant dans la précipitation.

Sur X, les signaux d’alarme se multiplient : des internautes ont repéré des centaines de passerelles Clawdbot directement exposées sur Internet, sans aucune authentification. « Un désastre se profile à l’horizon », prédisent certains en cette fin janvier 2026.

Clawdbot est conçu pour être auto‑hébergé

Le problème principal vient de la façon dont l’outil est hébergé. Contrairement aux chatbots proposés par de grandes plateformes, Clawdbot est conçu pour être auto‑hébergé.

L’utilisateur a donc deux options pour le faire tourner : sur sa propre machine ou sur un VPS (un serveur privé virtuel), autrement dit une machine virtuelle hébergée chez un fournisseur, avec ses propres ressources mais aussi sa propre administration système.

Et c’est précisément sur ce point que de nombreux utilisateurs semblent avoir totalement fait l’impasse sur la sécurité. Luis Catacora, qui s’occupe des relations entre Cloudflare et les développeurs, a recensé plus de 900 infrastructures complètement exposées : « Ça donne accès au shell, à l’automatisation du navigateur et à vos clés API », prévenait‑il sur X le 25 janvier, en pointant le port 18789, utilisé par défaut par la passerelle de Clawdbot, qui ne doit jamais être exposé publiquement.

Compromission d’un outil à tout faire

Si ces risques de mauvaise gestion existent pour n’importe quel outil hébergé sur un VPS, ils prennent une tout autre dimension lorsqu’il s’agit de Clawdbot.

Dans les cas signalés par les experts, il suffit de se connecter à une adresse IP pour interagir avec l’agent. Or, derrière ces instances mal configurées se trouve, on le rappelle, un outil qui peut potentiellement accéder à des e‑mails, des documents de travail, des comptes de messagerie, etc.

Un attaquant qui prend le contrôle d’un Clawdbot mal protégé peut ainsi lire, mais aussi agir : envoyer des messages en votre nom, lancer des scripts, modifier des fichiers, installer d’autres logiciels ou encore utiliser la machine compromise comme point d’appui pour attaquer d’autres services. Là où une compromission classique demande souvent plusieurs étapes, Clawdbot concentre au même endroit les accès, l’automatisation et la persistance, trois facteurs essentiels à une cyberattaque.

Les utilisateurs de Clawdbot sont appelés à la vigilance : « Si vous faites tourner Clawdbot, vérifiez votre config », alerte le chercheur en cybersécurité @0xSammy. Il distille quelques conseils pour ne pas exposer publiquement sa passerelle : « bind: « all » veut dire que vous êtes sur la liste (d’instances exposées). Pour corriger : remplacez par bind: « loopback » et redémarrez. Ça prend 10 secondes. »

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