En pleine période de baisses successives sur le marché des cryptomonnaies, les clients de la plateforme Coinbase ont été pris de court. Dans la soirée du 12 février 2026, toutes les transactions, y compris les retraits, étaient impossibles. Voici ce qu’il s’est vraiment passé.

Quatre ans ont passé depuis que le séisme FTX a ébranlé le marché des cryptomonnaies. Pour rappel, la plateforme était devenue insolvable en 2022, réduisant à néant les économies de milliers d’investisseurs particuliers et professionnels. Ce 12 février 2026, certains ont cru revivre ce sinistre scénario, mais cette fois-ci sur Coinbase, l’un des piliers historiques du secteur.

Alors que les écrans viraient au rouge et que les ordres de vente s’accumulaient, le géant américain a subitement cessé de répondre, laissant planer un vent de panique sur les réseaux sociaux. Que s’est-il bien passé ?

Les 90 minutes qui ont fait trembler Coinbase

Le 12 février, il n’aura fallu qu’une heure et demie pour que le doute s’installe. À 10h00 PST (soit 19h00 à Paris), les premiers rapports d’erreurs affluent : impossible de valider un ordre d’achat, et plus inquiétant encore, les retraits vers des portefeuilles externes sont bloqués.

À 10h49 PST (19h49 en France), Coinbase finit par briser le silence via son portail Coinbase Status avec un message laconique :

« Nous sommes conscients que certains clients peuvent rencontrer des difficultés pour acheter, vendre ou transférer des fonds sur Coinbase.com actuellement. Notre équipe enquête sur ce problème et vous tiendra informés. » Concluant son message par : « Vos fonds sont en sécurité. »

Dans l’inconscient collectif des investisseurs, cette formule est devenue presque un signal d’alarme dans un marché qui porte aujourd’hui les stigmates des catastrophes comme Mt. Gox, Lunaou encore FTX — dont le PDG Sam Bankman-Fried avait partagé la même formule quelques jours avant l’insolvabilité de la plateforme : « FTX va bien. Les actifs vont bien. »

Si le siège de Coinbase se trouve aux États-Unis, l’impact de cette paralysie a été tout sauf local. Il s’agissait bien d’une panne globale, touchant indistinctement les utilisateurs de la plateforme web et de l’application mobile, qu’ils soient à New York, Tokyo ou Paris.

Et la concurrence a même sauté sur l’occasion pour racoler de nouveaux clients : Kraken (une autre plateforme crypto bien connue) qui a profité de l’incident pour publier sur X : « L’exchange est en panne ? Arrêtez de jouer avec votre argent », une riposte si rapide qu’elle semblait déjà prête à l’avance.

Juste une panne ?

Pourtant, cette fois-ci, il y a eu plus de peur que de mal. Contrairement aux faillites en cascade de 2022, le géant américain a tenu parole. À 19h49, un correctif a été déployé et à 20h26 (heure de Paris), les voyants sont repassés au vert sur le tableau de bord de Coinbase.

Mais alors à quoi est dû ce blocage ? Malgré une efficacité presque chirurgicale pour rétablir les services et limiter la panique, Coinbase est resté relativement évasif sur les causes de l’incident technique.

« Cet incident a été résolu. », peut-on lire sur la page de rapport de Coinbase.

Selon des informations rapportées par le média financier MarketWatch, ce gel bref des transactions ne serait pas dû à une quelconque crise de liquidité ou à une insolvabilité. Un porte-parole de l’entreprise a d’ailleurs précisé que l’incident était le résultat d’un problème technique spécifique, précisant que celui-ci n’était « pas lié au volume de trading ».

Cette panne ne pouvait pas tomber à un moment plus critique pour une industrie. L’incident intervient, en effet, dans un contexte délétère pour le marché des cryptomonnaies, marqué par un Bitcoin qui a complètement dévissé depuis octobre 2025. Ce climat de défiance se répercute inévitablement sur la santé des plateformes, et Coinbase se retrouve aujourd’hui en première ligne.

Le jour même de ce blocage, Coinbase a publié ses résultats financiers du quatrième trimestre 2025 avec une perte nette de 667 millions de dollars comme le rapporte le média spécialisé le Journal du Coin — mettant fin à deux années de rentabilité. Au-delà de ce bilan, cet incident cristallise aussi la méfiance croissante envers les plateformes centralisées et remet au gout du jour le fameux adage « Not your keys, not your coins » (si vous n’avez pas vos clés, vous n’avez pas vos jetons).

Découvrez les bonus

+ rapide, + pratique, + exclusif

Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.

Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Il y a une bonne raison de ne pas s'abonner à

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

  • 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
  • 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
  • 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

S'abonner à Numerama+
Toute l'actu tech en un clien d'oeil

Toute l'actu tech en un clin d'œil

Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !


Tous nos articles sont aussi sur notre profil Google : suivez-nous pour ne rien manquer !