Deux ans après avoir suspendu Donald Trump de ses plateformes, le groupe Meta annonce avoir pris la décision de ne pas étendre ses sanctions. Même s’il s’attend à ne pas convaincre tout le monde, Meta indique mettre en place un règlement pour ne plus avoir à prendre de décision arbitraire.

Après Twitter (sur une décision d’Elon Musk), Facebook et Instagram restaurent à leur tour le compte de Donald Trump. L’ancien président américain, suspendu en janvier 2021 après les assauts du Capitole, avait subitement été exclu de Facebook et d’Instagram à cause de messages suspectés d’inciter à la révolte. Une décision logiquement polémique, de par son caractère inédit, qui avait conduit le « conseil suprême » de Meta à s’interroger sur les pouvoirs de l’entreprise. L’organisme avait dit comprendre la décision, tout en la contestant. Meta avait alors encadré cette suspension dans le temps, afin que le bannissement de l’ancien président américain soit remis en question deux ans après son entrée en vigueur.

Le 25 janvier 2023, Meta annonce sur sa page dédiée à la presse ne pas prolonger le bannissement de Donald Trump, qui était dû à « des circonstances extrêmes et très inhabituelles ». L’entreprise de Mark Zuckerberg en profite pour se fixer de nouvelles règles, afin d’encadrer le bannissement de personnalités politiques avec des règles très strictes. « La question n’est pas de savoir si nous devons rétablir les comptes de M. Trump, mais s’il subsiste des circonstances extraordinaires pour justifier que la suspension aille au-delà de la période initiale de deux ans. »

Meta préfère réduire la visibilité des messages polémiques

Le débat soumis par Meta est intéressant. Un réseau social doit-il encadrer ce qu’un politique a le droit de dire sur sa plateforme ? Deux ans après le Capitole, Meta semble avoir tranché. « Les citoyens doivent pouvoir entendre ce que disent leurs politiciens, le bon comme le mauvais, afin de pouvoir faire des choix éclairés dans les urnes ». Meta revient donc en arrière sur sa précédente politique, tout en indiquant conserver des règles strictes pour que le débat public se passe bien.

Zuckerberg Trump
Mark Zuckerberg à la Maison-Blanche, fin septembre 2019. // Source : Facebook

Concrètement, si un politique publie un message dangereux qui ne respecterait pas les conditions d’utilisation de Facebook ou Instagram, le groupe Meta se réserve le droit d’intervenir. Cependant, son intervention ne devrait que rarement mener à une suspension. Meta veut laisser les messages polémiques sur le profil de leur auteur, mais indique qu’ils seront bannis du fil d’actualité de ses utilisateurs, même s’ils suivent le politique en question. Meta dit aussi qu’il interdira les publicités sur les publications polémiques, afin de limiter leur visibilité.

Quid des suspensions ? Meta agira seulement si les infractions sont répétées. « Dans le cas où M. Trump publierait d’autres contenus violant la loi, le contenu sera supprimé et il sera suspendu pour une durée comprise entre un mois et deux ans, en fonction de la gravité de la violation ». Il s’agit ici d’une vraie différence avec le Twitter d’Elon Musk, qui ne semble pas du tout disposé à agir (même si Elon Musk s’est déjà contredit en bloquant Kanye West à cause de publications antisémites). On remarque cependant que la suspension ne devrait jamais dépasser les deux ans, ce qui diffère par rapport à 2021.

Une décision sage, destinée à être contestée ?

Meta n’est pas dupe, ses décisions seront contestées. Cependant, le groupe de Mark Zuckerberg y voit un signe de sa sagesse. « De nombreuses personnes pensent que des entreprises comme Meta devraient supprimer beaucoup plus de contenus que ce que nous faisons actuellement. D’autres soutiennent que nos politiques actuelles font déjà de nous des censeurs autoritaires ». Autrement dit, Meta considère qu’il ne fait pas son travail si mal. Même si ses mesures n’ont rien de tranchant.

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