Maintenant qu’il est aux manettes de Twitter, Elon Musk a les moyens d’obtenir ce qu’il réclamait : le chiffrement de bout en bout pour les messages privés. Des indices en ce sens apparaissent.

28 avril 2022. Elon Musk publiait un message sur Twitter pour exprimer son point de vue sur la confidentialité des messages privés (DM) sur le réseau social. Selon lui, il faudrait que ces conversations bénéficient du chiffrement de bout en bout, comme l’application Signal. Ainsi, personne ne pourrait espionner ou pirater vos messages, expliquait le milliardaire américain.

Le chiffrement de bout en bout consiste à utiliser des calculs mathématiques complexes pour assurer la confidentialité et l’intégrité d’un message. Grâce à un protocole, les données sont cachées dans des caractères qui semblent n’avoir ni queue ni tête. Pour les lire, il faut posséder une clé spéciale (et secrète). Sans elle, il est en principe impossible de les déchiffrer.

Le chiffrement de bout en bout est un enjeu de santé // Source : Canva
Le chiffrement de bout en bout mélange du texte en clair dans une suite de caractères incompréhensibles. // Source : Canva

Depuis, l’intéressé n’a plus évoqué ce sujet sur le site communautaire. Ce qui a changé, en revanche, c’est son statut : depuis octobre 2022, Elon Musk est devenu le propriétaire de Twitter, au prix d’un investissement de 44 milliards de dollars. Ce faisant, il a maintenant la possibilité d’obtenir ce qu’il réclamait du temps où il n’était qu’un « simple » utilisateur.

C’est ce qui lui a été rappelé ces jours-ci, à l’image de l’organisation Fight for the Future, qui défend les libertés numériques. « Bonjour Elon Musk. Je viens aux nouvelles. Est-ce qu’il y a du neuf sur la date à laquelle Twitter chiffrera les ? Les défenseurs de la liberté d’expression du monde entier aimeraient savoir… », écrivait l’ONG, le 14 novembre.

Des indices dans le code, un clin d’œil d’Elon Musk

Il s’avère que les lignes bougent, justement. Des portions de code ont été repérées dans l’application Twitter pour Android. Des lignes évoquant le chiffrement de bout en bout ont été partagées par Jane Manchun Wong, une informaticienne qui dédie son temps à l’analyse des applications pour essayer de déceler des fonctions cachées ou en cours de développement.

Ces quelques lignes ne disent pas grand-chose de l’état d’avancement du projet ni d’une quelconque date de sortie, à supposer que le projet arrive à son terme. Cela étant, il est à noter qu’Elon Musk a vu le tweet de Jane Manchun Wong et a répondu avec un simple smiley faisant un clin d’œil. Une simple émoticône, mais qui suggère bien que cette fonctionnalité va arriver.

Elon Musk joue, il est vrai, une partie de sa crédibilité. Il est aux commandes de Twitter et si une fonctionnalité manque, il peut l’imposer à ses équipes — à celles qu’il reste, du moins, car la moitié des effectifs a sauté. Par ailleurs, l’intéressé se présente comme un « absolutiste » de la liberté d’expression. Or, le chiffrement de bout en bout participe à cette liberté.

L’idée de chiffrer de bout en bout les messages privés n’est pas nouvelle et n’est certainement pas arrivée avec Elon Musk. Elle est envisagée depuis une dizaine d’années par le réseau socialon en parlait déjà en 2013, au moment des révélations d’Edward Snowden sur les programmes de surveillance de masse des agences de renseignement américaines.

Cependant, ce chantier n’a jamais été achevé. En 2016, Edward Snowden avait interpellé Jack Dorsey, le fondateur de Twitter, sur ce sujet. Des indices avaient émergé en 2018. Deux ans plus tard, elle avait encore été mise sur la table après le piratage du service.