Les nouveaux iPad Pro sont des copies conformes de leurs prédécesseurs, à l’exception notable de leur puce (M2 vs. M1), du Wi-Fi (6E vs. 6) et de l’ajout d’un nouveau mode pour l’Apple Pencil. Le reste est identique : le successeur de la meilleure tablette du monde devient la nouvelle meilleure tablette du monde.

Dans une gamme iPad toujours plus large (avec l’addition d’un nouvel iPad milieu de gamme, entre l’iPad et l’iPad Air), la tablette la plus qualitative d’Apple est toujours l’iPad Pro. C’est aussi sa plus chère, avec un prix d’entrée de 1 069 euros pour la version 11 pouces et de 1 469 euros pour la version 12,9 pouces. L’iPad Pro n’est pas un produit conçu pour un usage canapé, puisqu’il ambitionne toujours de remplacer votre ordinateur. Pour y parvenir cette année, Apple mise avant tout sur le logiciel. C’est iPadOS 16 qui apporte le plus de changements en 2022, avec l’introduction (un peu mitigée) de Stage Manager, son nouveau gestionnaire de fenêtres.

Niveau matériel, Apple se fait confiance. Le nouvel iPad Pro ne change quasiment rien, puisqu’Apple semble convaincu que sa tablette était déjà la meilleure. Difficile de lui donner tort, l’iPad Pro M1, sorti en 2021, était en effet la meilleure tablette du marché. Sans surprise donc, l’iPad Pro M2 de 2022 fait mieux, et lui pique son trône.

L’écran mini-LED est toujours aussi génial

Comme promis, ce test sera court, puisque l’iPad Pro 2022 est en substance un iPad Pro 2021 (un peu) amélioré. Au niveau de l’écran par exemple, rien ne change. Le modèle 11 pouces a toujours le droit à un écran LCD classique (avec une dalle pour tout le rétroéclairage). Le modèle 12,9 pouces, celui que nous avons testé, a le droit à du mini-LED (plusieurs points lumineux pour gérer le contraste par zones). Ce n’est pas aussi bon que de l’OLED (notamment quand il y a un bouton sur un fond noir, on remarque des fuites de lumière autour), mais c’est tout de même remarquable. L’écran de l’iPad Pro est incroyablement lumineux et offre une excellente qualité.

Ce n’est pas de l’OLED, mais l’écran a vraiment l’air éteint. Très lumineux au bon endroit, tout noir à d’autres. // Source : Thomas Ancelle / Numerama
Ce n’est pas de l’OLED, mais l’écran a vraiment l’air éteint. Très lumineux au bon endroit, tout noir là où il le faut. // Source : Thomas Ancelle / Numerama

Pour regarder des films ou pour jouer, l’écran de l’iPad Pro 12,9 pouces est sans doute ce qui se fait de mieux (les Galaxy Tab S8 de Samsung sont aussi excellentes, avec de l’OLED, mais on préfère la fluidité de l’iPad). Durant notre test, on s’est souvent dit qu’il est dommage que l’App Store ne propose pas plus de jeux triple-A. Des titres comme Fall Guys, FIFA, Call of Duty ou Uncharted, sur un tel écran, seraient vraiment incroyables. La puce M2 en est parfaitement capable, et les quatre haut-parleurs sont d’une puissance dingue. Bref, on adore vraiment passer du temps sur cet iPad Pro 12,9. À la maison, c’est clairement l’appareil sur lequel on a envie de trainer (et au travail, son écran ridiculise celui de la plupart des ordinateurs, notamment grâce à sa luminosité).

M2, Pencil et Wi-Fi 6E… Les trois nouveautés de l’iPad Pro

Quelles sont les nouveautés de la génération 2022 de l’iPad Pro ? Il y en a trois, toutes mineures.

La plus importante concerne la puce. Oubliez l’incroyable M1, place désormais à l’incroyable M2. On passe d’une machine de guerre à… une machine de guerre. La puce du MacBook Air est merveilleuse, mais elle ne fait rien de plus que ce que savait faire la précédente itération. L’iPad Pro est un monstre de puissance, même si on a tendance à penser que cette puissance est toujours sous-exploitée. Quelques logiciels pro arrivent (DaVinci Resolve par exemple), mais où sont Final Cut Pro et Xcode, par exemple ? La bonne nouvelle est que, s’ils arrivent un jour, l’iPad Pro pourra les accueillir sans problème.

Stage Manager, une nouveauté d’iPadOS 16, permet de gérer 4 fenêtres en même temps. L’iPad est capable de plus, mais c’est toujours bridé. // Source : Thomas Ancelle / Numerama
Stage Manager, une nouveauté d’iPadOS 16, permet de gérer 4 fenêtres en même temps. Avec sa puce M2, l’iPad Pro est techniquement capable de plus. // Source : Thomas Ancelle / Numerama

Deuxième nouveauté, l’ajout du Wi-Fi 6E. L’iPad Pro est le premier appareil Apple compatible avec la bande des 6 GHz, qui permet d’aller plus vite. Voilà, rien à ajouter.

Enfin, l’iPad Pro 2022 dispose d’une nouvelle fonction déjà aperçue chez les concurrents (Samsung notamment) : la possibilité de détecter la mine de l’Apple Pencil à plusieurs centimètres de distance de l’écran. À quoi ça sert ? Sincèrement, pas à grand-chose. On peut voir où apparaîtra un trait de crayon en avance, faire bouger ses icônes et, dans certaines applications, faire défiler rapidement des choses, mais il n’y a rien de vraiment révolutionnaire. Il n’y a pas d’implémentation façon 3D Touch, avec la possibilité d’agrandir une image ou un message en passant par-dessus. Peut-être que les dessinateurs adoreront le mode « Hover », mais il est pour nous très anecdotique.

On ne touche pas l’écran, mais il détecte l’Apple Pencil. Magie.  // Source : Thomas Ancelle / Numerama
On ne touche pas l’écran, mais il détecte l’Apple Pencil. Magie. // Source : Thomas Ancelle / Numerama

iPadOS 16 améliore l’iPad Pro, mais il y a encore du travail

Puisque ce test doit être court, vous ne trouverez pas de détails sur les nouvelles fonctions d’iPadOS 16 ici (le test complet de la mise à jour est disponible sur Numerama). Cependant, deux d’entre elles profitent particulièrement à l’iPad Pro.

  • Dans les réglages d’affichage, il est possible de personnaliser la résolution de l’iPad Pro M2. L’option « Plus d’espace » est la meilleure, puisqu’elle permet d’afficher plus d’applications et de texte en même temps. L’iPad Pro s’approche alors d’un vrai ordinateur.
  • Stage Manager, bien qu’encore très mal optimisé, ouvre la voie à une révolution pour l’iPad. Le fait d’avoir des fenêtres redimensionnables, une navigation au trackpad et la possibilité d’utiliser quatre applications d’un coup rapproche iPadOS de macOS. On aurait préféré la possibilité d’installer macOS en dual boot, mais c’est une première étape positive.
Stage Manager permet d’utiliser 4 applications simultanément, avec des regroupements accessibles depuis la gauche. On glisse une icône pour ajouter une app. // Source : Numerama
Stage Manager permet d’utiliser 4 applications simultanément. // Source : Numerama

Deux frustrations : la webcam et le clavier

Comme son prédécesseur, l’iPad Pro est quasiment parfait. Cependant, deux choses nous embêtent. Elles sont liées à l’introduction de l’iPad 10, qui dispose de deux nouveautés que n’a pas l’iPad Pro.

Le clavier de l’iPad 10, moins bon que celui de l’iPad Pro (sans blague, le Magic Keyboard est juste génial), dispose d’une barre dédiée aux touches de fonction. Échap, luminosité, Ne Pas Déranger, lecture audio, volume… Il y a des raccourcis sur le clavier de l’iPad milieu de gamme, mais pas sur celui de l’iPad Pro haut de gamme. Quel dommage. On aurait adoré découvrir une nouvelle version du Magic Keyboard, qui coûte tout de même 369 euros, avec ces touches.

Le clavier de l’iPad 10 est moins bon, mais dispose de 14 touches supplémentaires pour les fonctions. // Source : Thomas Ancelle / Numerama
Le clavier de l’iPad 10 est moins bon, mais dispose de 14 touches supplémentaires pour les fonctions. // Source : Thomas Ancelle / Numerama

Autre déception, Apple a enfin compris que l’emplacement de la webcam des iPad n’est pas pratique. Positionnée à gauche de l’écran quand on l’utilise horizontalement (avec un clavier), elle donne l’impression que vous regardez sur le côté. L’iPad 10 a eu le droit à une caméra au bon endroit (au centre de l’écran), mais l’iPad Pro conserve la formule historique. Pourquoi ? Pour Face ID aussi, souvent masqué par la main, ça aurait été plus pratique. Cela ne retire rien à la reconnaissance faciale d’Apple, tellement naturelle sur iPad !

Autre étrangeté : puisque l’iPad est majoritairement utilisé horizontalement, la pomme ne devrait-elle pas tourner ? // Source : Thomas Ancelle / Numerama
Autre étrangeté : puisque l’iPad Pro est majoritairement utilisé horizontalement, la pomme ne devrait-elle pas pivoter ? // Source : Thomas Ancelle / Numerama

Le verdict

Si tous les produits étaient comme l’iPad Pro M2, le métier de testeur serait facile. Même avec un nombre minuscule de nouveautés, la tablette d’Apple est difficile à critiquer. Pour cause, son écran est exceptionnel (surtout la version 12,9 pouces, en mini-LED), les capacités de sa puce sont surdimensionnées par rapport aux besoins réels de la tablette (l’Apple M2 est déjà trop puissant pour un Mac), son autonomie est taillée pour une journée entière, ses accessoires (Magic Keyboard et Apple Pencil) sont excellents et, côté logiciel, iPadOS a une très belle longueur d’avance sur Android, notamment au niveau de la qualité des applications. L’iPad Pro M2 est, de loin, la meilleure tablette du marché. Quasiment toutes catégories confondues, d’où sa note maximale (la version 11 pouces perd 1 point, à cause de sa dalle LCD).

Bien sûr, tout ça a un prix. La somme demandée par Apple pour un iPad Pro est encore plus grande cette année, ce qui fait de la tablette un produit encore plus élitiste qu’avant (l’iPad normal ou l’iPad Air contenteront la plupart des gens). Quoiqu’il en soit, l’iPad Pro est un produit que l’on recommande vivement. Tout comme son prédécesseur d’ailleurs, si vous le trouvez à un bon prix.