En tournée européenne, les responsables du Creative Cloud dévoilent les projets d’Adobe pour étendre son empire logiciel. L’entreprise croit beaucoup aux « contenus 3D immersifs » et mise sur l’intelligence artificielle pour rendre ses produits plus simples.

« L’intelligence artificielle permet aux utilisateurs non-professionnels de faire des choses qu’ils ne pouvaient pas faire avant. » Par cette phrase, Scott Belsky, le patron du Adobe Creative Cloud, résume selon nous plutôt bien les dernières mises à jour de Photoshop, Illustrator ou Premiere Pro. Depuis quelques années, Adobe mise sur des nouveaux filtres automatisés qui font tout à votre place. Un moyen de simplifier ses logiciels connus pour leur grande complexité. L’entreprise fait actuellement la tournée des grandes villes européennes pour rencontrer sa « communauté ». Elle était à Paris le 14 juin.

Photoshop bientôt gratuit sur le web ?

Étrangement, ce qui est selon nous l’annonce la plus importante n’a même pas été évoqué par Adobe lors de notre rencontre à Paris. Pourtant, selon plusieurs médias américains comme The Verge, Adobe a décidé de rendre gratuit la version web de Photoshop au Canada, afin d’initier une période de test. Le modèle économique final n’est pas encore déterminé, mais il est possible qu’Adobe réserve certaines fonctions aux abonnés de son Creative Cloud. Pour les plus basiques, Photoshop pourra être utilisé avec un compte Adobe gratuit.

Photoshop on the web
Capture d’écran de Photoshop on the web. // Source : Adobe

En revanche, à Paris, Scott Belsky d’Abobe a bien évoqué le lancement de Photoshop sur le web. Depuis l’année dernière, cette version allégée du célèbre logiciel de retouche a pour objectif de s’adresser à un public plus grand, comme celui qui possède un Chromebook ou une machine peu performante. Après s’être lancé sur iPad, Adobe semble avoir pour objectif de faire grossir son nombre d’utilisateurs. Pour y parvenir, il mise sur les « Neural Filters », des fonctions de retouches automatisées grâce à l’intelligence artificielle. Changement du ciel, variation d’une émotion, restauration d’une vieille image… Ce qui nécessitait autrefois des compétences particulières peut maintenant se faire en un tapotement. C’est vers cette direction que se dirige Adobe qui mise même sur des filtres « fun », façon Snapchat.

Quand est-ce que la version gratuite de Photoshop sera lancée en France ? Pour l’instant, impossible de le savoir. Il va falloir continuer d’utiliser des alternatives très ressemblantes comme Photopea en attendant d’avoir des informations sur la fin de l’expérimentation canadienne.

Un exemple de filtre IA sur Photoshop, pour maquiller quelqu’un à partir d’une image sans aucun outil.
Un exemple de filtre IA sur Photoshop, pour maquiller quelqu’un à partir d’une image sans aucun outil. // Source : Adobe

La collaboration et le métavers, les autres axes d’Adobe

Si vous êtes un abonné du Creative Cloud, Adobe devrait continuer de déployer plusieurs nouvelles fonctions dans les prochains mois. Une de ses priorités semble être la collaboration, qu’il définit comme essentiel à « l’ère de Google Docs ». S’il reconnaît que ses utilisateurs historiques n’utiliseront jamais ces nouveautés, Adobe pense que nous sommes rentrés dans une époque où des gens veulent monter une vidéo à plusieurs.

Scott Belsky rêve notamment de tuer la pratique qui consiste à exporter le rendu d’une vidéo dans Premiere Pro, à l’envoyer à ses collaborateurs par WeTransfer puis à se donner des consignes par mail. Pour lui, tout devrait se faire directement depuis les serveurs d’Adobe. « 99% de nos utilisateurs collaborent de l’ancienne manière, mais tout le monde devrait essayer la nouvelle. »

Enfin, l’autre objectif d’Adobe est de ne pas passer à côté de l’éventuel métavers. Si l’entreprise a le mérite de reconnaître qu’elle ne sait pas si ce monde virtuel existera vraiment, elle se dit convaincue que les objets que l’on consultera en ligne seront un jour tous en 3D. Adobe veut être celui qui fabrique les logiciels de modélisation, afin d’aider ses clients à être « metaverse-ready », juste au cas où. Même si les lunettes de réalité ne prennent pas, Adobe est convaincu que le web immersif est le web du futur.