L’Organisation mondiale de la Santé livre des pistes d’action pour juguler l’épidémie de variole du singe, dont l’ampleur est inédite en Europe en ce printemps 2022.

L’Europe est à l’épicentre de l’épidémie de variole du singe, car elle est la région « la plus importante et la plus étendue géographiquement » à avoir été signalée en dehors des zones endémiques d’Afrique occidentale et centrale. C’est ce que rappelle l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans un communiqué envoyé à la presse ce mardi 31 mai 2022.

Dans ce même document, l’OMS indique que le risque d’un accroissement de la transmission pendant l’été est particulièrement élevé. À ce stade, cependant, on est encore loin d’une pandémie, et la variole du singe est très différente du covid, ce qui ne nécessitera pas, à ce stade, de mesures restrictives comme la population en a connu en 2020 et 2021.

Mais l’évolution de ce virus reste encore incertaine. Pour contenir sa propagation, « nous avons besoin d’une réduction significative et urgente des expositions par le biais d’une communication claire, d’une action commune, de l’isolement des cas pendant la période infectieuse et d’une recherche et d’une surveillance efficaces des contacts », explique l’OMS.

variole du singe
Exemple des symptômes de la variole du singe. // Source : CDC

La feuille de route de l’OMS contre la variole du singe

Pour contenir la propagation de la variole du singe au plus tôt et au mieux, l’OMS dresse une liste de 7 pistes d’action :

  • Engager activement les groupes et les dirigeants communautaires ainsi que les organisations de la société civile à « accroître la sensibilisation » et à « partager les informations » sur comment l’on peut réduire les risques d’exposition, « notamment en réduisant le nombre de leurs partenaires sexuels ».
  • Encourager les gens — « y compris les jeunes, quels que soient leur sexe, leur orientation ou leur activité sexuelle » — à mieux connaître la variole du singe et à savoir quoi faire s’ils pensent avoir été exposés à la maladie ou présenter des signes évocateurs.
  • Soutenir les organisateurs et les communautés participant aux prochains rassemblements de masse en Europe « afin de tirer parti de ces événements pour partager des informations précises, pratiques et ciblées avec les participants ».
  • Doter les établissements de santé et les équipes de santé publique des « connaissances » et des « capacités de diagnostic » dont ils ont besoin pour identifier, examiner et confirmer rapidement les cas.
  • Veiller à ce que les patients atteints de variole du singe soient informés de la nécessité de s’isoler pendant la période infectieuse de leur maladie, de s’abstenir de tout contact sexuel et de tout autre contact étroit avec d’autres personnes, et qu’ils soient soutenus pendant leur isolement.
  • Rechercher rapidement tous les contacts des cas et surveiller leur absence de toute maladie pertinente « pendant 21 jours ». Si la mise en quarantaine des contacts « n’est pas forcément nécessaire » d’après l’OMS, les contrôles de température biquotidiens et l’autosurveillance « sont essentiels ».
  • Utiliser les « contre-mesures médicales actuellement disponibles » de manière « juste et équitable », en fonction du niveau de risque, de la disponibilité et de la pertinence de l’intervention. « Nous ne pouvons pas permettre que l’affreuse compétition pour des ressources limitées reproduise les premiers jours de la pandémie de covid », s’inquiète l’OMS.

Pour l’OMS, la mise en place de ces pistes d’action pourrait « démystifier » cette maladie encore peu connue en Occident en contrant la désinformation qui pullule déjà sur la toile.

Sur ce même registre, cela permettra d’éviter toute stigmatisation de groupes spécifiques de personnes. En matière de santé publique, cela servira à « accélérer les actions menées par les régions, les pays et les communautés pour stopper la propagation » en accélérant la fourniture de diagnostics, de vaccins, d’antiviraux et autres équipements.