La Nasa continue de suivre de près le déploiement de son observatoire James Webb. Comment l’agence s’y prend-elle pour communiquer avec le télescope spatial, qui sera bientôt à 1,5 million de kilomètres ?

Il a déjà parcouru plus de 800 000 kilomètres dans l’espace, à la date du 19 janvier 2022. Le télescope spatial James Webb continue son voyage vers sa destination, à 1,5 million de kilomètres de notre planète. Son déploiement se poursuit aussi, avec le mouvement (très lent) des différents segments du miroir doré. Rien de tout cela n’est filmé, mais la Nasa peut cependant suivre les progrès du JWST à distance.

Les grandes antennes radio du Deep Space Network

Comment l’agence spatiale s’y prend-elle pour « parler » avec son observatoire ? James Webb envoie ses données, techniques ou scientifiques, « à l’aide d’un émetteur radio haute fréquence », explique la Nasa dans une grande foire aux questions. Et sur Terre, c’est le Deep Space Network (DSN, le « réseau de communications avec l’espace lointain »), un réseau de stations terriennes équipées d’antennes paraboliques, qui reçoit les communications du JWST.

james webb communications lancement
Les communications avec James Webb après son lancement. // Source : Via Twitter @NASASCaN

« De grandes antennes radio faisant partie du Deep Space Network de la Nasa [reçoivent] les signaux et les [transmettent] au Webb Science and Operation Center du Space Telescope Science Institute à Baltimore », ajoute l’agence. Le Space Science Institute (ou STScI) a été créé à l’origine pour gérer la recherche faite avec le télescope spatial Hubble. Désormais, son rôle est aussi d’être responsable des opérations du JWST.

Ainsi, James Webb peut informer la Terre du bon déroulement de son déploiement. Dans cinq mois, lorsque le JWST sera pleinement opérationnel, c’est également de cette façon qu’il nous transmettra les données issues de ses observations du ciel. James Webb va scruter l’Univers dans le domaine de l’infrarouge, ce qui lui permettra de remonter loin dans le passé (encore plus que ne le fait déjà Hubble). Il ne faut néanmoins pas s’attendre à ce que James Webb envoie chaque jour des images époustouflantes : elles seront sûrement étonnantes, mais pas forcément beaucoup plus détaillées que celles prises par Hubble.

Afin d’observer dans l’infrarouge, James Webb nécessite d’évoluer dans un froid extrême (-223°C). C’est pour cela qu’il est équipé d’un immense bouclier protecteur de 5 épaisseurs, préservant ses instruments sensibles de la chaleur émise par la Terre, la Lune et le Soleil.