Le rover Perseverance continue de faire des découvertes sur la planète rouge, dans le cratère Jezero. La Nasa a annoncé qu’il a identifié des molécules organiques. C’est prometteur, mais ne constitue pas une preuve de vie.

Il y a bien des molécules organiques à l’intérieur du cratère dans lequel le rover Perseverance roule sur Mars. La Nasa a annoncé le 15 décembre 2021 cette nouvelle découverte permise par l’astromobile de la mission Mars 2020, parmi d’autres avancées de la mission.

L’identification de molécules organiques ne doit cependant pas être confondue avec une preuve de vie (on parle aussi de biosignature). Découvrir et confirmer la présence de matières organiques sur une autre planète ne signifie pas que la vie y existait jadis, ou aujourd’hui : des mécanismes non biologiques (géologiques) peuvent tout à fait être à l’origine de matières organiques.

Le rover Curiosity, qui arpente un autre cratère martien, Gale, a également identifié des matières organiques par le passé. Cette découverte avait relancé l’hypothèse d’une vie sur Mars, que la Nasa s’était vite chargée de tempérer.

Perseverance a trouvé des molécules organiques sur Mars, mais ce n’est pas une preuve de vie
La passion de Perseverance sur Mars : les cailloux. // Source : NASA/JPL-Caltech/MSSS/ASU/Thomas Appéré (photo recadrée)

Des molécules contenant du carbone repérées par SHERLOC

Dans le cas de Perseverance, la détection a été réalisée avec l’instrument SHERLOC (« Scanning Habitable Environments with Raman & Luminescence for Organics & Chemicals »), un spectromètre au bout de son bras, qui détermine la composition organique du sol de Mars. SHERLOC a repéré des molécules contenant du carbone, sur des roches abrasées par la foreuse de Perseverance, ainsi que dans de la poussière de roches non abrasées. La Nasa présente certes SHERLOC comme capable de détecter des biosignatures potentielles, mais il faut garder en tête que le rover Perseverance n’a pas les moyens de trouver seul la vie sur Mars.

Ce qu’on peut simplement dire, en constatant que des matières organiques sont préservées dans des roches martiennes étudiées à la fois par Curiosity et Perseverance, c’est que si des biosignatures existent bien, on serait en droit de penser qu’elles aussi seraient plutôt bien préservées. Mais impossible de résoudre la question d’une telle origine sans rapporter des prélèvements sur Terre — et même dans ce cas, confirmer la découverte d’une trace de vie martienne s’avèrera complexe. Il faudrait éliminer la piste d’une contamination, notamment.