Le molnupiravir a été retoqué par la Haute autorité de santé. Mais quid des 50 000 doses précommandées par le gouvernement français ?

Le médicament de Merck contre le covid était l’une des promesses de cette fin d’année. Approuvé et déjà utilisé au Royaume-Uni, le molnupiravir avait été annoncé en France pour courant décembre, sous réserve de la validation par les autorités sanitaires. Étant donné qu’il s’agit d’un antiviral sous forme de pilule orale, sa facilité d’usage semblait très prometteuse.

Mais la Haute autorité de santé (HAS) a finalement émis un avis négatif, le 10 décembre 2021. Elle estime que ce traitement est bien moins performant que d’autres traitements disponibles — les anticorps monoclonaux notamment. Elle se repose en particulier sur l’étude MOVe-OUT, dont les résultats publiés fin novembre montrent une efficacité de 30 % pour le molnupinavir. En comparaison, les anticorps monoclonaux prouvent une efficacité autour de 80 %.

La commande est simplement annulée

Cet avis de la HAS va être suivi par le gouvernement, qui n’utilisera donc pas le molnupiravir dans la lutte contre le coronavirus.

Comme l’avait annoncé Olivier Véran à plusieurs reprises, la France avait toutefois passé commande de 50 000 doses de cette pilule anti-covid en prévision de sa validation. Alors que le médicament a été retoqué, que va-t-on faire de ces doses ?

Elles ne vont tout bonnement pas être livrées. Contacté par Numerama, le ministère de la Santé confirme : « Il n’y a pas d’avance versée dans le contrat, il existe une résiliation de droit du contrat si la décision de la HAS était négative. » Cette clause conditionnant entièrement la commande à la validation ou non par la HAS, le contrat de commande et de livraison est tout simplement annulé. Étant donné qu’aucune avance n’a été versée, il n’y a pas de coût. Et aucune dose livrée.

Des médicaments contre le covid sous forme de pilules pourraient encore arriver. // Source : Nino Barbey pour Numerama
Des médicaments contre le covid sous forme de pilules pourraient encore arriver. // Source : Nino Barbey pour Numerama

Malgré ce rejet du molnupiravir, s’ajoute à la panoplie de traitements les anticorps monoclonaux Evusheld, validés quant à eux par la HAS. D’autres traitements seront susceptibles d’être étudiés, et cela ne signe pas la fin du potentiel des pilules anti-covid : Pfizer travaille de son côté sur un médicament similaire dénommé Paxlovid.