Google utilise beaucoup d'eau pour refroidir ses data centers. Le changement climatique rendant l'accès à l'eau douce compliqué à certaines périodes de l'année, la firme promet de réduire son impact sur les réserves hydriques mondiales.

Renvoyer plus d’eau en réserve que ce qu’elle consomme, voilà ce que vient de promettre la société Google dans un billet de blog daté du jeudi 9 septembre 2021. « Le changement climatique exacerbe les tensions autour de l’eau, puisque certaines zones du monde souffrent d’une baisse des précipitations — de la région semi-aride du Brésil à l’Afrique sub-saharienne (…) Nous nous engageons à mieux gérer l’eau et à assurer la mise en réserve de plus d’eau que ce que nous consommons d’ici 2030 », annonce le groupe. Google souhaite permettre chaque année la mise en réserve de 120 % d’eau, soit 20 % d’eau de plus que ce qu’elle a consommé dans ses bureaux et ses data centers.

À mesure que la menace climatique se concrétise, on voit de plus en plus d’entités (États, entreprises, etc.) promettre d’atteindre la neutralité carbone, c’est-à-dire ne plus émettre aucun gaz à effet de serre ou compenser ceux qu’elles ne parviennent pas à éliminer. Dans ce contexte, la promesse de Google peut surprendre à la première lecture : comment peut-on renvoyer en réserve plus d’eau que l’on n’en consomme ? Plusieurs actions peuvent alléger les tensions sur les réserves hydriques.

Google utilise beaucoup d’eau pour refroidir ses data centers. // Source : Google

Réduire la consommation d’eau douce

La première étape est de réduire sa consommation d’eau douce. L’entreprise a par exemple commencé à utiliser des eaux usées traitées pour refroidir ses sites. «  Au niveau des data centers, nous étudierons toutes les alternatives à l’utilisation d’eau douce, qu’il s’agisse d’eau de mer ou d’eaux usées traitées. Au niveau des bureaux, nous veillerons à utiliser davantage d’eau récupérée sur site, telle que de l’eau de pluie collectée sur place ou des eaux usées traitées pour nos besoins en eau non potable : irrigation des jardins, chasse d’eau etc. », promet Google.

La firme fait valoir qu’elle investit en parallèle dans des opérations visant à préserver et augmenter les réserves d’eau douce locale. « Ce n’est pas quelque chose que nous pouvons résoudre seuls, nous investissons dans des projets locaux qui tous ensemble permettront d’atteindre cet objectif de réapprovisionner 120 % de l’eau douce consommée », précise le communiqué. Google met par exemple en avant ses collecteurs de pluie censés réduire les afflux d’eau en période de tempête et ainsi protéger la qualité de l’eau de la rivière Liffey et de la baie de Dublin. Elle cite également en exemple des investissements réalisés pour retirer des plantes invasives très gourmandes en eau, dans les montagnes San Gabriel, en vue de protéger l’écosystème.

Pour améliorer la résilience des zones naturelles,  Google évoque également la mise en place d’irrigation au goutte-à-goutte, d’arrosages qui s’ajustent à la météo locale et la création d’espaces naturels résistants au stress climatique. Il est important que Google agisse dans ce domaine, car sa consommation d’eau est très élevée. La firme a besoin d’une quantité importante d’eau pour refroidir ses data centers — l’évaporation de l’eau conduite à proximité de ces sites peuplés de serveurs qui chauffent fait baisser la température. Total : Google a consommé plus de 12 milliards de litres en 2019. Reste désormais à voir si les promesses environnementales de l’entreprise seront tenues.

L’eau douce devient une ressource sensible. Les Nations Unies avertissaient encore, dans leur dernier rapport sur le sujet en mars 2020, que les ressources hydriques se dégradaient et que l’eau manquerait prochainement à des milliards de personnes. Ces pénuries devraient également toucher des régions profitant encore pour l’heure de précipitations abondantes. À l’heure actuelle, environ 4 milliards de personnes subissent une pénurie sévère pendant au moins un mois par an, souligne Le Monde. C’est lié à plusieurs phénomènes : le changement climatique, la hausse fulgurante de la consommation d’eau (d’un facteur 6 en un siècle) et la pollution des nappes et des rivières qui nous approvisionnent en eau douce.

Les Nations Unies avertissent que près de 52 % de la population mondiale risque d’être touchée par des pénuries d’eau d’ici 2050. Un manque de ressources hydriques qui menace évidemment aussi nos cultures alimentaires : l’agriculture est à l’origine de plus de deux tiers des prélèvements d’eau douce dans le monde.

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