Deux sondes, SolarOrbiter et BepiColombo, viennent de passer à proximité de la planète Vénus.

Dans la voûte céleste, une « étoile » est particulièrement brillante, à tel point que lorsqu’elle apparaît à l’Est ou à l’Ouest, elle est la plus visible d’entre toutes. C’est en réalité la lumière de notre planète voisine, Vénus, qui tire son surnom « étoile du berger » de sa forte luminosité puisqu’elle permettait de se caler sur le rythme jour/nuit — elle est la première à apparaître, donc l’un des premiers signes visibles de la nuit.

Cette forte luminosité s’explique aujourd’hui : Vénus est la plus réfléchissante du système solaire. Son atmosphère est effectivement composée en grande partie de nuages opaques faits d’acide sulfurique. Résultat, l’albédo de la planète est le plus élevé de tout le système, soit 75 % environ : c’est-à-dire que les rayons du Soleil « rebondissent » en arrivant sur Vénus, ce qui rend la planète très brillante.

En ce début août 2021, deux sondes, SolarOrbiter et BépiColombo, sont passées à proximité de la planète.

Vue par Solar Orbiter

Le 8 août 2021, la sonde Solar Orbiter est passée à proximité de Vénus, soit à 7 995 kilomètres. À cette occasion, son système de capture vidéo, Solar Orbiter Heliospheric Image, a enregistré une nouvelle vue de la planète. Et cela permet une nouvelle fois de constater la brillance de la planète, unique dans le voisinage planétaire.

« Les images montrent Vénus s’approchant par la gauche tandis que le Soleil est hors champ en haut à droite. La face nocturne de la planète, la partie qui est cachée du Soleil, apparaît comme un demi-cercle sombre entouré d’un croissant lumineux — l’éblouissement de la face ensoleillée incroyablement brillante de Vénus », décrit la Nasa.

Sur le site de l’agence spatiale, l’astrophysicien Phillip Hess explique que la partie ensoleillée de la planète est si brillante, et qu’elle envoie donc tellement de signaux, qu’elle empêche de véritablement analyser les caractéristiques de la partie sombre à l’abri du Soleil. « Seul un éclat de la face diurne apparaît sur les images, mais il reflète suffisamment la lumière du Soleil pour provoquer le croissant lumineux et les rayons diffractés qui semblent provenir de la surface », explique l’astrophysicien Philip Hess.

Vue par BepiColombo

Il se trouve qu’à peine quelques jours plus tard — le 10 août, ce fut au tour de la sonde BepiColombo de passer juste à côté de Vénus, mais bien davantage à proximité : elle s’est rapprochée à 3 446 km, puis jusqu’à 552 km de distance. Il y a donc deux séquences : l’une où l’on voit Vénus au loin, et l’une qui est si proche que la planète prend toute la place sur l’image. Dans les deux cas, la luminosité de la planète est frappante. D’ailleurs, l’ESA précise que même à proximité, « la caméra n’est pas capable de capturer les détails de l’atmosphère de la planète ».

Passage à proximité de Vénus par BépiColombo. // Source : ESA

Sur la toute première image (en version statique ci-dessous), l’ESA indique que « le vaisseau spatial se trouvait toujours sur la face nocturne de la planète, mais on peut voir la face diurne se profiler ».

Passage de BepiCombo à proximité de Vénus. Ici pointé vers la face nocturne, mais on voit la face ensoleillée se profiler. // Source : ESA/Jaxa

La partie où se reflète le Soleil est effectivement si lumineuse qu’elle est déjà très visible, en bas à gauche, même quand la caméra est entièrement pointée à proximité sur la face nocturne.

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