Les combinaisons spatiales sont un tel défi technique et budgétaire, que le retard sur leur développement contribue à décaler tout le programme Artémis. Mais elles ne sont pas les seules causes de ce retard. C'est le résultat d'un nouveau rapport d'audit de la Nasa.

L’humanité repart sur la Lune. C’est l’objectif du programme Artémis, lancé par la Nasa en partenariat avec d’autres agences dont l’Agence spatiale européenne, et qui entend envoyer à nouveau des astronautes fouler le sol de notre satellite en 2024. Les missions scientifiques sont d’ores et déjà établies. De nouvelles combinaisons spatiales sont également en développement, et la Nasa les a révélées dès 2019.

Mais entre montrer ces combinaisons lors d’une conférence de presse et les utiliser pour un véritable voyage sur la Lune, il y a une marge faramineuse. Dans un rapport d’audit publié le 10 août 2021, il est question d’un retard dans la conception de ces éléments essentiels à tout trajet spatial.

C’est l’ingénieure Kristine Davis qui portait la nouvelle combinaison spatiale. // Source : Nasa

Ces combinaisons, nommées xEMU, ne sont pas des vêtements comme les autres : elles sont — et doivent être — des petits bijoux de technologie pour assurer la protection totale des astronautes, mais aussi un meilleur confort de mouvement que les anciennes combinaisons utilisées lors des missions Apollo.

« Le calendrier actuel de la NASA prévoit de produire les deux premières xEMU prêtes à voler d’ici novembre 2024, mais l’Agence fait face à des défis importants pour atteindre cet objectif », introduit l’audit.

20 mois de retard

Le rapport d’audit évalue le retard à un « délai approximatif de 20 mois dans pour la livraison », soit presque 2 ans. Le processus de fabrication jusqu’à la « livraison » comprend la conception, la vérification, ainsi que le test — une version « démo » prévue pour l’ISS doit être utilisée auparavant.

Le retard provient de défis techniques, puisque les xEMU se veulent novatrices, entre le confort et la performance. Mais il provient également d’un budget « insuffisant » : «  la NASA va devoir dépenser plus d’un milliard de dollars sur le développement et l’assemblage des combinaisons nouvelle génération », note le rapport. Une somme qui n’est pas immédiatement disponible dans les caisses, mais devra être débloquée progressivement. À cela, s’ajoute l’impact de la pandémie Covid-19, qui bouleverse les conditions de travail et ralentit le processus, comme dans d’autres industries.

À partir de ce constat, le couperet tombe à la fin du rapport : « Compte tenu de ces retards prévus dans le développement des combinaisons, un alunissage fin 2024 n’est pas envisageable. » Cette conclusion n’est pas une si grande surprise : l’objectif 2024, pour des raisons de budget et de temps de préparation, a fortiori depuis la pandémie, semblait difficile à atteindre, même aux yeux de l’administration Biden — en particulier pour des questions de budgets maximaux autorisés par le Congrès.

C’est d’ailleurs ce que rappelle le rapport d’audit : « L’incapacité de la NASA à achever le développement des xEMU pour un atterrissage sur la Lune en 2024 n’est en aucun cas le seul facteur ayant un impact sur la viabilité du retour actuel de l’Agence sur la Lune », est-il écrit dans le document, rappelant que de précédents audits avaient déjà identifié « des retards importants dans d’autres grands programmes essentiels à l’alunissage, y compris les programmes de recherche et de développement. essentiels à un alunissage, notamment la fusée Space Launch System et la capsule Orion ».

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