La Nasa a présenté les priorités scientifiques du programme Artémis. Ces objectifs devraient être poursuivis dès la première mission habitée du programme (Artémis 3). Ils restent pour le moment assez théoriques.

Objectif Lune en 2024 : dans le cadre du programme Artémis, la Nasa ambitionne d’envoyer les prochains humains sur le satellite naturel de la Terre. Ce sera l’objet de la mission Artémis 3, la première du programme à transporter un équipage (les missions 1 et 2 étant des missions préparatoires). Quelles seront exactement les priorités scientifiques de cette mission ? L’agence spatiale a défini le 7 décembre 2020 quels seront les principaux objectifs scientifiques poursuivis par la mission Artémis 3.

La Nasa a présenté un rapport, qui est l’aboutissement d’une réflexion menée par l’une de ses équipes, chargée de réfléchir à des buts scientifiques réalisables dans le cadre de la mission depuis le mois de septembre. « Pendant les 50 dernières années depuis que les humains ont visité la Lune pour la dernière fois, de nouvelles avancées qui sont le résultat de missions lunaires robotiques, la réanalyse de données plus anciennes, la modélisation et l’analyse d’échantillons ont produit des résultats spectaculaires et de nouvelles questions sur le volcanisme planétaire, les volatiles, les processus d’impact, la tectonique et l’environnement lunaire », peut-on lire dans ce document.

La Lune vue depuis l’ISS. // Source : Flickr/CC/Nasa Johnson (photo recadrée)

7 priorités scientifiques

La Nasa dresse une liste de 7 objectifs scientifiques généraux valables pour la mission Artémis 3.

  • Mieux comprendre les processus planétaires,
  • Comprendre la nature et l’origine des éléments volatils polaires lunaires (la Nasa mise beaucoup sur le pôle Sud de l’astre, où elle espère notamment pouvoir établir un camp de base),
  • Mieux interpréter l’histoire de l’impact qui a dû se produire dans le système Terre-Lune,
  • Obtenir des « archives » passées, à la fois du Soleil et de notre environnement astronomique,
  • Observer l’Univers et notre environnement spatial local depuis la Lune,
  • Faire de la science expérimentale dans l’environnement lunaire,
  • Enfin, mener des recherches sur les risques liés à l’exploration, et les atténuer (on peut par exemple songer au risque d’une contamination d’origine terrestre de la Lune).

Pour l’instant, ces objectifs restent assez théoriques. La Nasa explique qu’ils doivent désormais servir de base pour développer un plan plus concret, impliquant des collectes d’échantillons, le déploiement d’instruments ou les observations que l’équipage devra mener sur place. L’agence spatiale ajoute que le plan plus détaillé de la mission pourra être mis au point lorsque d’autres aspects du projet auront été précisés — comme les capacités du futur vaisseau lunaire HLS (Human Landing System), ou le choix d’un site d’atterrissage.

La Lune, « porte d’entrée vers le reste de notre système solaire »

Par ailleurs, l’agence souligne que la mission Artémis 3 ne sera probablement pas suffisante pour remplir chacun de ces objectifs scientifiques, mais qu’elle devrait constituer une base pour les missions suivantes du programme, qui devraient elles aussi impliquer des missions de terrain.

La liste d’objectifs scientifiques théoriques montre bien qu’il n’est pas seulement question de mieux connaître la Lune elle-même, mais que la Nasa voit plus loin. « Avec son énorme abondance de ressources accessibles, ses vues incroyablement belles et ses questions scientifiques fascinantes, la Lune continue de nous attirer vers le prochain horizon en tant que porte d’entrée vers le reste de notre système solaire », écrit la Nasa dans son rapport. Le logo de la mission Artémis le montrait déjà : le reste du système solaire, et notamment la planète Mars, est cet horizon visé par l’agence spatiale.

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