La Nasa va permettre à Perseverance de rouler davantage en autonomie sur Mars. Le rover a utilisé une première fois AutoNav, son logiciel lui permettant de détecter lui-même les obstacles pour décider d'une trajectoire.

Perseverance gagne en autonomie pour rouler sur la planète rouge. Le 1er juillet 2021, la Nasa a annoncé que son rover « prend le volant » : le rover martien commence à utiliser son système de navigation autonome pour conduire. Le robot vient juste d’entamer son « road trip » à l’intérieur du cratère Jezero, en quête d’échantillons de roches et de la surface martienne à collecter.

Comme l’explique l’agence spatiale dans son communiqué, cela veut dire que l’équipe responsable du rover travaille actuellement à planifier les itinéraires, et à transmettre des instructions à l’astromobile. Néanmoins, l’objectif est que Perseverance gère de plus en plus la conduite par lui-même. À bord de l’ordinateur du robot, le JPL a installé un logiciel, baptisé AutoNav : son objectif est de permettre au rover de décider, sans intervention humaine, d’une trajectoire à partir des images obtenues à l’aide de ses caméras. Ce n’est pas une première sur Mars : Curiosity est aussi équipé de ce système de navigation autonome.

Plus rapide que Curiosity

Concrètement, le rover peut créer des cartes en trois dimensions du terrain qui l’entoure, afin d’identifier les potentiels obstacles qu’il risquerait de rencontrer. L’itinéraire peut ensuite être déterminé en évitant toutes ces zones à risque, sans besoin d’une intervention humaine. En quelque sorte, c’est comme si le rover avait la capacité de penser à la conduite à venir, tout en faisant tourner ses roues pour avancer. La Nasa estime que l’AutoNav pourrait permettre à Perseverance d’atteindre une vitesse allant jusqu’à 120 mètres par heure. À titre de comparaison, la version de l’AutoNav embarquée par Curiosity, plus ancienne, lui permet d’évoluer à 20 mètres par heure tandis qu’il gravit le mont Sharp (dont il a entamé l’ascension en 2014).

Les vues obtenues avec les caméras de navigation de Perseverance, pendant son premier essai avec AutoNav. // Source : Capture d’écran YouTube JPLraw

Le bon fonctionnement d’AutoNav devrait s’avérer important dans la première campagne d’activités scientifiques du rover. Autrefois, la zone du cratère Jezero devait accueillir un lac, il y a des milliards d’années. Perseverance doit se rendre dans un delta, c’est-à-dire une ancienne embouchure aujourd’hui asséchée. Il est prévu que le robot récupère des échantillons sur une distance de 15 kilomètres, destinés à être collectés par une future mission pour revenir sur Terre. Le logiciel AutoNav devrait aider à atteindre des zones intéressantes plus rapidement, et même à traverser certains terrains complexes au lieu de les contourner nécessairement.

La Nasa reste prête à intervenir

Les roues du rover ont été améliorées, par rapport à celles de Curiosity. Lors des déambulations de Curiosity, la Nasa s’est aperçue que les roues du rover ont été usées : AutoNav n’a pas réussi à éviter des petites roches pointues qui ont percé les roues de Curiosity. Les roues de Perseverance ont donc été modifiées pour être plus résistantes que celles de Curiosity. Le rover le plus récent de la Nasa est aussi censé détecter plus précisément ce genre de danger.

Évidemment, l’utilisation d’AutoNav ne signifie pas que Perseverance est livré à lui-même : l’équipe responsable du rover continue de planifier un itinéraire, en décidant où il va réaliser des analyses et tenter de récupérer des échantillons. Des instructions continuent à être envoyées au robot, qui les exécute le lendemain. Même si l’AutoNav de Perseverance va effectivement prendre de plus en plus les commandes, l’équipe de la Nasa se tient toujours prête à intervenir.

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