L'agence spatiale américaine a officialisé son intention de retourner visiter Vénus. Deux nouvelles missions d'exploration de notre voisine « infernale » ont été sélectionnées par la Nasa. À quoi vont-elles servir ?

À l’horizon 2028-2030, la Nasa compte envoyer deux nouvelles missions vers Vénus. L’agence spatiale américaine a annoncé le 2 juin 2021 son intention de retourner explorer Vénus, 30 ans après l’envoi de sa dernière mission vénusienne, la sonde Magellan (sans compter les survols effectués par d’autres missions, comme Solar Orbiter ou Parker Solar Probe).

Les deux missions sélectionnées par la Nasa font partie du programme Discovery, une série de missions spatiales consacrées à l’exploration du système solaire par des robots. Avec ces missions, l’objectif est « de comprendre comment Vénus est devenue un monde infernal alors qu’il a tant d’autres caractéristiques similaires au nôtre — et a peut-être été le premier monde habitable du système solaire, avec un océan et un climat semblable à celui de la Terre », explique la Nasa dans son communiqué. L’agence indique accorder environ 500 millions de dollars (410 millions d’euros) pour le développement de chacune des deux missions.

Vénus est parfois décrite comme la « sœur jumelle » de la Terre, mais il y a des différences flagrantes entre les deux planètes. L’atmosphère de Vénus est connue pour sa toxicité et son dioxyde de carbone. Elle est emprisonnée sous des nuages épais contenant de l’acide sulfurique. Avec ses 465°C en surface, Vénus est la planète la plus chaude du système solaire (même si elle est plus éloignée du Soleil que Mercure). La pression en surface équivaut à plus de 90 fois celle sur la Terre.

Les deux missions sélectionnées sont nommées DAVINCI+ et VERITAS. À quoi vont-elles servir exactement ?

DAVINCI+ : pour analyser l’atmosphère de Vénus

Avec DAVINCI+ (« Deep Atmosphere Venus Investigation of Noble gases, Chemistry, and Imaging »), l’objectif est d’envoyer une sonde pour étudier l’atmosphère épaisse de la planète. Au cours de sa descente, le vaisseau sera chargé de collecter des données sur la composition de l’atmosphère vénusienne, en mesurant des gaz rares ou d’autres éléments. Ces mesures doivent aider à mieux comprendre comment Vénus s’est formée et a évolué, et si la planète a un jour pu posséder un océan.

Il est également prévu que DAVINCI+ envoie des images très détaillées des tesserae, des caractéristiques géologiques qui n’existent que sur cette planète, et dont la présence laisse soupçonner que Vénus possède une tectonique des plaques.

Représentation de DAVINCI+ dans l’atmosphère de Vénus. // Source : Capture d’écran YouTube Nasa Goddard

VERITAS : pour cartographier la surface de Vénus

Quant à la mission VERITAS (« Venus Emissivity, Radio Science, InSAR, Topography, and Spectroscopy »), il s’agira d’une sonde installée en orbite autour de Vénus. Son rôle sera de dresser une cartographie de toute la planète, y compris les zones où la surface est plus élevée. Ceci pourrait aider à confirmer si la tectonique des plaques et le volcanisme sont toujours à l’œuvre sur la planète. VERITAS pourrait ainsi permettre de mieux cerner l’histoire géologique de Vénus.

La mission implique également d’étudier le type de roche qui se trouve à la surface de Vénus, en majeure partie méconnu. VERITAS doit aussi aider à déterminer si les volcans rejettent de la vapeur d’eau dans l’atmosphère de Vénus. À noter : le CNES devrait prendre part à la mission.

Vue d’artiste de la mission VERITAS. // Source : Wikimedia/CC/NASA/JPL-Caltech (image recadrée)

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