Une hypothèse sur Vénus décrit une planète qui aurait été potentiellement habitable par le passé. Une nouvelle étude, qui s'intéresse à des coulées de lave à la surface de l'astre, vient nuancer ce scénario.

La « sœur jumelle » de la Terre était peut-être moins hospitalière dans son passé qu’on ne pouvait le penser. Alors que des scientifiques ont récemment expliqué que Vénus aurait été potentiellement habitable jusqu’à un changement survenu il y a 750 millions d’années, une nouvelle étude met en doute cette possibilité. Vénus n’aurait pas été aussi chaude et humide qu’escompté.

Présentés le 7 octobre 2019 par l’USRA (Universities Space Research Association) et repérés par Universe Today, ces travaux ont été publiés dans la revue Journal of Geophysical Research : Planets. L’étude porte sur Ovda Fluctus, une coulée de lave sur la planète Vénus. D’après les scientifiques, elle est composée de lave basaltique, plutôt que de granite. Cette découverte ne va pas vraiment dans le sens de l’hypothèse selon laquelle Vénus aurait pu ressembler à la Terre et avoir un océan d’eau liquide à sa surface.

Venus approchant du Soleil. // Source : Flickr/CC/Nasa Goddard Space Flight Center (photo recadrée)

Granite ou basalte : pourquoi la différence est cruciale

La coulée de lave d’Ovda Fluctus a été considérée comme « riche en silice » et comme une roche granitique. Déterminer si ces traînées de lave sont bien composées de granite est « une question fondamentale sur l’histoire de la planète, avec des implications pour les anciennes eaux liquides, le paléoclimat [ndlr : le climat des temps géologiques] et l’habitabilité », expliquent les auteurs dans leur étude.

L’hypothèse selon laquelle Vénus aurait été potentiellement habitable dans son passé s’appuie sur le fait que la chimie de son atmosphère aurait favorisé un environnement chaud et humide sur la planète. La présence de hauts-plateaux va aussi dans le sens de ce scénario. Dès lors, on pouvait soupçonner que les roches de Vénus contenaient du granite. Le granite présent dans les continents terrestres s’est formé grâce à la présence d’eau. Cependant, « les données disponibles concordent avec le fait qu’Ovda Fluctus soit une lave basaltique et non une lave riche en silice », écrivent les chercheurs.

Ovda Fluctus, sur Vénus. // Source : Capture d’écran/F.B. Wroblewski, A.H. Treiman, S.S. Bhiravarasu, T.K.P. Gregg

Il n’est pas certain que Vénus ait possédé un océan

Pour déterminer la composition de cette coulée de lave sur Vénus, les scientifiques ont utilisé les données de la sonde spatiale Magellan, envoyée par la Nasa en 1989 pour cartographier Vénus. En évaluant diverses propriétés de cette roche cartographiée, les auteurs sont arrivés à la conclusion qu’il semble plus probable qu’elle soit faite de lave basaltique. Comme l’explique l’USRA dans son communiqué, cette roche peut « se former avec ou sans eau ». On ne peut donc pas en déduire avec certitude que Vénus a bien abrité un océan un jour.

« Nous en savons si peu sur la surface de Vénus, commente Allan Treinam, membre du Lunar and Planetary Institute et co-auteur de l’étude, cité par l’USRA. S’il n’y a pas eu d’océan pour favoriser la présence de ces hauts-plateaux constitués de roches basaltiques, comment sont-ils alors apparus ? « Ils ont probablement été comprimés à leurs hauteurs actuelles par des forces internes, comme des montagnes créées par la tectonique des plaques sur Terre », avance le chercheur.

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