La nouvelle docu-série de David Attenborough adopte un angle d'approche très rare.

Depuis fin avril 2021, une nouvelle série documentaire est disponible sur Netflix : La vie en couleurs. Elle est présentée par le célèbre vulgarisateur britannique David Attenborough, au cours d’une courte saison de trois épisodes — le troisième épisode détaillant surtout la méthode novatrice de prise de vue utilisée pour la série.

Un peu comme Notre planète, La Terre la Nuit, ou encore Life auparavant, cette série documentaire explore les mystères de la nature en nous plongeant, grâce à des images pour le moins spectaculaires, dans les mécanismes fascinants du vivant. Certaines docu-séries, comme celles précédemment citées, sont considérées comme de vrais petits bijoux de culture scientifique accessibles à tous et toutes. Comment faire mieux, comment se renouveler ? Peut-être tout bonnement en variant l’angle d’approche.

C’est ce que fait avec un certain brio La vie en couleurs, qui réussit à proposer un contenu globalement inédit dans l’offre documentaire actuelle.

La vie en couleurs. // Source : Netflix

« La couleur est utile »

«  La couleur est utile », scande David Attenborough dans le premier épisode, remettant à cette occasion en perspective sa place dans notre monde, une place qui n’était en rien évidente aux origines de la vie : «  Il y a 700 millions, notre planète était beaucoup moins colorée. Il semblerait que les premiers animaux n’avaient qu’une vision élémentaire ne leur permettant pas de percevoir les couleurs. Puis, graduellement, cela a changé. »

La vie en couleurs s’intéresse plus particulièrement au rôle des couleurs dans la règne animal. Même si la série constitue une ode à l’émerveillement naturaliste, cela signifie aussi qu’il n’est pas seulement question d’explorer la beauté colorée de la nature, mais bien de comprendre comment certaines espèces mobilisent les couleurs pour survivre, pour se reproduire, pour coopérer. Le voyage est visuel, mais également scientifique.

Les coquilles de ces escargots sont différentes dans leurs couleurs pour chaque individu. // Source : Netflix

C’est ainsi que les interventions de David Attenborough lèvent progressivement le voile sur des capacités naturelles et des mécanismes que nous ne voyons presque jamais, qui nous sont rarement expliqués, et que, souvent, nous ne soupçonnons pas le moins du monde. En ce sens, il s’agit peut-être d’un des documentaires les plus proprement « surprenants ».

La docu-série évoque par exemple l’utilité des rayures des Zèbres ; pourquoi les cerfs ne voient pas les tigres approcher en raison des couleurs du prédateur (et comment les proies font pour s’en sortir dans la majeure partie des cas malgré tout) ; pourquoi certaines espèces d’escargots ont toutes une coquille entièrement unique dans sa palette colorée ; comment un poisson change de couleur pour avoir l’air inoffensif et approcher sa proie ; comment une araignée arrive à tromper les abeilles par du camouflage ; tout en nous expliquant comment les oiseaux ou encore les crabes perçoivent le monde d’une manière très différente de nous.

Minute après minute, La vie en couleurs nous donne un petit vertige : celui de nous ouvrir à une tout autre dimension du monde, particulièrement peu abordée habituellement dans la culture scientifique grand public. En plus d’un plaisant voyage, on en ressort avec une vision réellement plus colorée de notre planète, car avec un spectre élargi de notre connaissance du monde.

La vie en couleurs, saison 1, sur Netflix depuis le 22 avril 2021.

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