Quelle matière est la plus efficace dans un masque en tissu contre le coronavirus ? Une étude reproduit les particularités de notre respiration en incluant l'humidité contenue dans nos exhalations. Il en résulte que le coton est davantage filtrant.

Puisque le coronavirus SARS-CoV-2 est aéroporté, la transmission du pathogène a lieu essentiellement par la projection de particules virales. De fait, les masques jouent un rôle crucial pour freiner la propagation. S’il est certain que les masques en tissu ont une vraie capacité filtrante, leur efficacité est plus nuancée que pour les masques médicaux. Cela s’explique notamment par l’immense variété dans la fabrication. Des matériaux très différents peuvent être utilisés. Tous ces matériaux n’ont pas la même valeur.

Aux États-Unis, le National Institute of Standards and Technology (NIST) a conduit des tests, dont les résultats viennent d’être publiés le 8 mars 2021. L’objectif : s’approcher davantage des conditions réelles de port du masque concernant la respiration, tandis que beaucoup d’études s’en tiennent aux conditions de laboratoire.

Le coton est 33 % plus efficace avec l’humidité de la respiration

Pour son étude, cette équipe de recherche a reproduit l’humidité provoquée par la respiration ; et en projetant cet air à une cadence similaire à l’exhalation humaine. Ce test se rapproche donc de la réalité quotidienne. Les auteurs ont procédé au test pour différents types de matériaux, en présence et en l’absence d’humidité. Voici leurs conclusions pour chacun de ces tissus :

  • Sur les neuf types de coton testés, l’efficacité du masque augmente de 12 à 45 % — soit une moyenne de 33 % — en présence d’humidité.
  • Sur les six tissus synthétiques testés (nylon, polyester, rayonne…), l’efficacité est médiocre et inchangée qu’il y ait de l’humidité ou non.
  • Pour les masques N95 (équivalent FFP2) et chirurgicaux, la filtration est toujours aussi bonne qu’importe la présence ou non d’humidité.
Les masques en tissu sont assez efficaces contre le coronavirus, mais cela dépend de leur fabrication. // Source : Pexels

Comment expliquer la performance accrue du coton face au synthétique ? Les fibres du coton sont hydrophiles : elles « aiment » l’eau et piègent aisément ses molécules. Or, l’humidité relève de la présence d’eau dans l’air. Lorsqu’on respire avec un masque en coton sur le visage, les fibres du masque absorbent une petite quantité d’eau. Le tissu devient alors un environnement humide. Lorsque des particules microscopiques — comme des particules virales — sont projetées dans le masque, elles sont confrontées à cet environnement humide et absorbent à leur tour les molécules d’eau. Résultat, les microparticules grossissent et elles sont plus facilement piégées par le maillage fibreux du masque.

Inversement, les matériaux synthétiques étant hydrophobes (ils n’aiment pas l’eau), l’humidité n’est pas absorbée et ce processus n’a pas lieu. Pour cette raison, leur efficacité reste inchangée, qu’importe des conditions humides ou non. Les masques en coton apparaissent donc bien plus adaptés à la réalité d’une respiration humaine.

Attention toutefois, cela ne signifie pas que vous devez mouiller votre masque ou ne pas en changer après un malencontreux épisode pluvieux. L’humidité transmise de notre respiration vers le masque se fait en d’infimes quantités : un masque à deux couches en flanelle de coton absorbe 150 milligrammes d’eau de l’humidité que nous exhalons en respirant. C’est l’équivalent d’une à deux gouttes. Un masque qui serait réellement mouillé deviendrait inopérant et irrespirable. Et enfin, évidemment, l’efficacité d’un masque, qu’il soit chirurgical, en coton ou FFP2, implique d’être bien porté, sinon il ne sert plus à rien.

Quant aux autres protections contre le covid, veillez à ne pas utiliser les petites visières inversées qui se placent sur le menton, malheureusement trop répandues et totalement inutiles, comme nous l’expliquons dans une vidéo Numerama :

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