Emmanuel Macron a rejeté l'idée d'un passeport vaccinal, et a évoqué plutôt un pass sanitaire, dont il a dressé les contours possibles, sans toutefois donner encore plus de détails.

L’idée d’un « passeport vaccinal » fait son chemin depuis quelques mois dans plusieurs pays (Italie, Grèce), tout en étant contestée par d’autres (France, Allemagne). Le principe serait de rouvrir certaines activités aux personnes vaccinées, pour qui le risque d’une infection est moins important et moins grave. Toutefois, le bémol politique est une atteinte aux libertés fondamentales, le vaccin n’étant pas obligatoire, quand le bémol épidémiologique à court terme est qu’avec un taux encore faible de personnes vaccinées, cette stratégie pourrait contribuer à la propagation du virus chez les personnes non vaccinées.

Lors d’une conférence de presse tenue le 25 février 2021, Emmanuel Macron n’a pas évoqué un passeport vaccinal, mais son souhait d’un «  pass sanitaire ». Est-ce une simple subtilité de langage, ou cela implique-t-il des différences notables ?

Emmanuel Macron, le 25 février 2021. // Source : Images BFM

Pour rouvrir les restaurants

Pour rouvrir les restaurants et lieux culturels, il s’agit de « protéger la population et les professionnels ». Il en découle ce que le Président de la République appelle un pass sanitaire. Il évoque une série de mesures potentielles :

  • Enregistrement à l’entrée, pour le contact tracing. Ce sera similaire à l’application mobile TousAntiCovid : « Ce qu’on fait depuis plusieurs mois avec TousAntiCovid, on le fera de manière beaucoup plus efficace », a commenté Emmanuel Macron.
  • Il est possible que cette stratégie implique de demander « des éléments de test négatif récent » (24-72h), mais c’est déjà le cas pour l’entrée aux frontières.
  • « On pourra regarder aussi si vous avez été vacciné », sans que ce soit une condition sine qua non d’entrée.

Ce sont là des pistes évoquées par le Président, et non une feuille de route qui aurait déjà été adoptée, car l’organisation de cette stratégie «  va poser beaucoup de questions techniques, de respect des données individuelles, d’organisation de nos libertés ».

Après avoir listé ces mesures potentielles, Emmanuel Macron a insisté sur la distinction entre sa proposition de pass sanitaire et un passeport en affirmant que l’entrée dans les restaurants et les lieux culturels ne sera pas conditionnée au fait d’être vacciné. « Si on arrive à un moment dans le printemps à rouvrir ces lieux, nous ne saurions conditionner leur accès à une vaccination alors même que nous n’aurions pas ouvert la vaccination aux plus jeunes d’entre nous. »

Si l’on en croit donc ce premier discours d’Emmanuel Macron sur le sujet, le pass sanitaire apparait donc se distinguer bel et bien du passeport vaccinal, puisque cela n’implique pas d’être vacciné pour accéder aux lieux concernés. Il s’agirait plus vraisemblablement d’une accentuation du contact tracing. En cas de cluster, savoir si les personnes présentes sont vaccinées ou non pourrait s’avérer important.

La concrétisation de cette stratégie reste toutefois encore assez floue. Les détails de ce pass sanitaire seront clarifiés dans les semaines à venir, en amont du printemps lors duquel le gouvernement semble programmer un début de réouverture pour les restaurants et lieux culturels.

Article publié initialement le 26 février 2021 et mis à jour le 30 juin 2021

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