Une étude britannique est lancée ce 4 février 2021 pour tester l'efficacité et la sécurité d'une combinaison entre une dose du vaccin de Pfizer et une dose de celui d'AstraZeneca contre le coronavirus SARS-CoV-2.

La situation provoquée par la généralisation sur le sol anglais du variant plus contagieux VOC2020 pousse le Royaume-Uni à envisager des solutions d’urgence dans sa politique de vaccination. C’est ainsi que le gouvernement anglais a décidé d’autoriser l’espacement des doses du vaccin de Pfizer jusqu’à 12 semaines, au lieu des 3-4 semaines habituelles, et des 6 semaines maximum recommandées. Dans un communiqué publié le 4 février 2021, le gouvernement britannique envisage d’aller encore plus loin : combiner le vaccin d’AstraZeneca et celui de Pfizer.

Un tel mélange signifierait de démarrer la vaccination par une première dose issue du vaccin de Pfizer, puis de parachever avec une seconde dose issue du vaccin d’AstraZeneca. Voilà une approche qui semble risquée, d’autant que le vaccin de Pfizer est basé sur l’ARN messager, quand celui d’AstraZeneca est à vecteur viral, deux techniques bien distinctes.

Le Royaume-Uni n’applique pas immédiatement l’idée, mais lance une étude scientifique complète pour vérifier l’efficacité et la sécurité d’un tel protocole.

8 combinaisons testées

Cet essai clinique, démarré le 4 février 2021, est mené par les scientifiques de l’université d’Oxford et financé par l’État anglais à hauteur de 7 millions de livres. L’étude doit s’étendre sur 13 mois dans sa totalité, mais les résultats préliminaires sont prévus dès mai/juin 2021. En plus du mélange des vaccins, l’essai inclura aussi l’évaluation d’un espacement plus élevé entre deux doses d’un même vaccin. Le nombre de volontaires qui seront recrutés n’a pas été précisé.

Pour les vaccins de Pfizer, Moderna et AstraZeneca, deux doses espacées dans le temps sont nécessaires. // Source : Pexels

Les recherches vont être fragmentées en pas de moins de 8 « bras » de tests cliniques, pour 8 combinaisons différentes (y compris les groupes de contrôle) :

  • 2 doses du vaccin d’Oxford/AstraZenec espacées de 28 jours ;
  • 2 doses du vaccin d’Oxford/AstraZeneca espacées de 12 semaines ;
  • 2 doses du vaccin de Pfizer/BioNTech espacées de 28 jours ;
  • 2 doses du vaccin Pfizer/BioNTech espacées de 12 semaines ;
  • Le vaccin d’Oxford/AstraZeneca en première dose, suivie du vaccin de Pfizer/BioNTech en deuxième dose, espacées de 28 jours ;
  • Le vaccin d’Oxford/AstraZeneca pour la première dose, suivie du vaccin de Pfizer/BioNTech pour la deuxième dose, espacées de 12 semaines ;
  • Le vaccin de Pfizer/BioNTech pour la première dose, suivie du vaccin d’Oxford/AstraZeneca en deuxième dose, espacées de 28 jours ;
  • Le vaccin de Pfizer/BioNTech pour la première dose, suivie de celui d’Oxford/AstraZeneca en deuxième dose, espacées de 12 semaines.

Selon Jonathan Van-Tam, responsable de l’étude, « étant donné les défis inévitables que représente la vaccination d’un grand nombre de personnes contre la Covid-19 et les contraintes potentielles de l’offre mondiale, il y a des avantages certains à disposer de données qui pourraient soutenir un programme de vaccination plus souple, si nécessaire ». Il serait même possible, selon ses dires, que combiner deux vaccins donne « des niveaux d’anticorps encore plus élevés et plus durables » et, en tout cas, « tant que ce n’est pas évalué dans un essai clinique, nous ne le saurons tout simplement pas ».

De son côté, le ministre britannique de la Santé, Nadhim Zahawi, a assuré que « rien ne sera approuvé pour une utilisation au-delà de cette étude, ou dans le cadre de notre programme vaccinal, tant que les chercheurs et l’organisme de réglementation ne seront pas absolument convaincus de la sécurité et de l’efficacité de cette approche. »

Partager sur les réseaux sociaux

La suite en vidéo