Avec la mission Transporter-1, SpaceX a établi un nouveau record en parvenant à déployer dans l'espace 143 satellites en une seule mission.

Record battu pour SpaceX. Et largement. Au cours d’une mission survenue le week-end du 24 et 25 janvier 2021, l’entreprise américaine a réussi à mettre en orbite pas moins de 143 satellites d’un seul coup, lors d’un « covoiturage spatial ». Si ce genre d’opération n’est pas nouveau, jamais une société du secteur aérospatial n’avait embarqué jusqu’à présent autant d’engins.

De fait, SpaceX vient pour l’occasion de surclasser très largement les précédents exploits dans ce domaine — en particulier, la mission VV16 d’Arianespace qui concernait l’envoi de 53 satellites par le même lanceur, Vega, en septembre 2020 et la mission conduite en 2017 par l’Inde, qui en comptait presque le double, avec 104 satellites dans une seule fusée, le Véhicule de lancement de satellite polaire (PSLV).

SpaceX Transporter-1 Falcon 9
SpaceX Transporter-1 Falcon 9 // Source : SpaceX

Vol partagé entre Starlink et divers clients

Dans le détail, la charge utile était répartie comme suit : il y avait 133 satellites pour divers clients et 10 satellites pour étoffer la constellation Starlink. Il s’agit d’un projet visant à fournir un accès à Internet par l’espace, dans les régions mal ou pas desservies par les télécoms. Ces 10 satellites sont les premiers de la constellation à être placés sur une orbite polaire (qui passent par les pôles).

Ce qu’on appelle « covoiturage spatial » désigne en fait des vols partagés (ou « rideshares » en anglais). Il s’agit de permettre à des clients qui n’auraient pas forcément les moyens de se payer eux-mêmes tout un vol spatial d’accéder quand même à l’espace, en répartissant les coûts d’un lancement entre une multitude de bénéficiaires. Cela se justifie aussi si la valeur de la mission et le coût satellite ne valent pas le prix d’un décollage.

Compte tenu de la place exiguë dans la coiffe des lanceurs, c’est-à-dire là où l’on place la charge utile en vue de son déploiement en orbite, les vols partagés concernent surtout des structures modestes fabriquant des satellites de petite taille — qu’on surnomme nano ou micro satellite, ou cubesat. Les plus petits ont des dimensions semblables à celles d’une boîte à chaussure, et peuvent peser quelques kilogrammes.

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