SpaceX sait acheminer du ravitaillement et des astronautes vers la Station spatiale internationale. L'entreprise vise la Lune en 2021. Et l'année suivante ? Mars. Il reste maintenant à le prouver.

Le transport d’astronautes en orbite terrestre basse en 2020, l’alunissage en 2021 et le voyage vers Mars en 2022 ? C’est le planning ambitieux que suit SpaceX en matière de conquête spatiale. Si le premier jalon a été atteint, avec le succès du décollage de la mission Crew-1 qui a envoyé quatre astronautes sur la Station spatiale internationale, les deux autres restent encore à franchir.

Mais à en croire Elon Musk, ils ne sont pas hors de portée. À l’occasion d’un évènement auquel il participait au début du mois de décembre, le fondateur de SpaceX a assuré qu’un vol inhabité vers la planète rouge aura lieu en 2022. Pourquoi cette date ? Parce qu’il faut que les orbites respectives de la Terre et Mars soient favorables, ce qui n’arrive qu’à intervalle de deux ans.

Elon Musk
Elon Musk, en mai 2020. // Source : Bill Ingalls

Ce n’est pas le seul facteur à prendre en compte : SpaceX entend survoler Mars avec son vaisseau spatial Starship, mais celui-ci est encore loin d’être opérationnel. En principe, un vol en haute altitude (aux alentours de 15 kilomètres) doit survenir au début du mois de décembre. Mais pour l’heure, aucune date n’a été fixée pour effectuer cet essai. C’est aussi avec le Starship que SpaceX veut accomplir son escapade lunaire.

Dans les faits, SpaceX sait déjà aller en quelque sorte jusqu’à la planète rouge, et ce depuis 2018. C’est en effet à cette date que le vol inaugural du Falcon Heavy avait lieu, avec à son bord une voiture de sport (la Tesla Roadster) et un mannequin de crash-test assis au volant (surnommé Starman). Or, ce drôle d’attelage s’est approché pour la première fois de la planète rouge début octobre 2020, avant de s’en éloigner.

Il reste évidemment à voir si le calendrier que revendique Elon Musk sera tenu dans les faits, car l’histoire de SpaceX, même si elle est jalonnée de nombreux succès, est aussi une histoire de reports de date et d’échéances manquées. Cela n’empêche évidemment pas la société d’avancer quand même et d’avoir la confiance de la NASA. Sinon, elle ne gérerait ni le ravitaillement de l’ISS ni le transport d’astronautes.

Signe supplémentaire des immenses progrès accomplis par SpaceX, la société est devenue la première partenaire de l’agence spatiale américaine pour acheminer du ravitaillement vers la future station spatiale lunaire LOP-G (Lunar Orbital Platform-Gateway). Pour l’occasion, un cargo plus volumineux, le Dragon XL, sera mobilisé.

Une mission habitée en 2024 ou 2026 ?

Et ensuite ? Elon Musk a partagé une autre échéance qu’il estime tenable, à savoir l’arrivée sur Mars d’astronautes dans six ans, peut-être quatre. Cela nécessitera tout d’abord de prouver que SpaceX sait se poser sur Mars et, surtout, qu’il sait en repartir, puis revenir sur Terre — car à l’entendre, il ne s’agira pas d’un simple survol, mais bien d’une mission au sol, d’une durée indéterminée.

Compte tenu de l’entraînement très important et très long qu’il a fallu à SpaceX pour avoir le droit de pouvoir opérer seul jusqu’à l’ISS, qui ne se trouve qu’à 400 km d’altitude, la plus grande circonspection doit s’imposer, au regard des défis colossaux à résoudre en termes de logistique, de ravitaillement, de durée de vol, de radiations, de sécurité et même de bien être mental des astronautes.

C’est le Starship, ici dans une version expérimentale, qui sera mobilisé, un jour, pour aller sur Mars. // Source : Twitter/Elon Musk

La NASA doutait déjà de la capacité de SpaceX à se rendre sur la Lune en 2021. Un survol du satellite est beaucoup plus à portée qu’un alunissage. Seuls les USA ont réussi à faire poser des équipages sur la Lune et à les ramener. D’autres atterrissages ont eu lieu, mais pour déposer des machines. C’est le cas de la Russie et de la Chine. D’autres tentatives venant de l’Inde et d’Israël ont eu lieu, sans succès.

Quant à Mars, le fossé à franchir est encore plus large. Les États-Unis estiment que ce jalon ne sera pas atteint avant au moins 2030 — c’était la décennie évoquée en 2016 par Barack Obama. Un an plus tard, le Congrès a demandé un plan à la NASA pour viser l’année 2033. Mais en 2019, un rapport commandé par la NASA a fixé une date encore plus lointaine, où il est maintenant question de 2037.

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