La NASA annonce que SpaceX est le premier partenaire que l'agence américaine retient pour acheminer du ravitaillement vers la future station spatiale lunaire. D'autres suivront. Un nouveau vaisseau cargo sera mobilisé pour franchir une telle distance.

On connait désormais le nom du premier partenaire de la NASA qui sera missionné pour faire la navette entre la Terre et la future station spatiale lunaire LOP-G (Lunar Orbital Platform-Gateway). Il s’agit de SpaceX. C’est ce qu’a annoncé le 27 mars l’agence spatiale américaine, lors d’un point d’étape sur le programme Artemis, qui ambitionne de ramener des Américains sur la Lune lors de la décennie qui vient.

Pour SpaceX, c’est une excellente nouvelle au regard de l’ampleur du projet. Au total, la NASA mobilise une enveloppe de 7 milliards de dollars pour le ravitaillement de LOP-G, Des contrats sur lesquels d’autres fournisseurs, outre SpaceX, pourront se manifester. Ce montant permet à la NASA de commander des missions de réapprovisionnement pendant 12 ans et d’exiger leur exécution pendant 15 ans.

De fait, cette annonce révèle aussi le poids de cette entreprise dans les activités spatiales américaines : hormis ce contrat (Gateway Logistics Services), SpaceX contribue déjà à la mise en orbite de satellites, y compris pour la NASA et la défense américaine, participe à l’envoi de vivres et de matériel au profit des équipages de la Station spatiale internationale (ISS) et va même commencer à transporter des astronautes.

Vue d’artiste du Lunar Gateway. // Source : NASA

Dragon XL, un nouveau vaisseau cargo plus gros

Mais pour satisfaire les besoins de la NASA, SpaceX ne pourra compter sur Dragon, son cargo spatial conçu pour les ravitaillements.

Il en faudra un nouveau ou, plus exactement, un plus gros. Cela se reflète justement dans son nom : le Dragon XL. Il pourra emporter plus de 5 tonnes de charge utile jusqu’en orbite lunaire, indique SpaceX, c’est-à-dire à 384 400 km de distance. En comparaison, le Dragon classique peut transporter 6 tonnes de charge utile, mais jusqu’à l’ISS, qui n’est éloignée  que de… 400 km.

Pour envoyer ce Dragon XL dans l’espace, ce n’est pas une fusée Falcon 9 qui est prévue sur le pas de tir, mais le lanceur lourd Falcon Heavy — et, peut-être à plus long terme, le Starship. En principe, SpaceX doit rationaliser ses engins pour n’en utiliser qu’un seul, mais le Starship est encore au stade du développement. Quant au Falcon Heavy, son emploi est pour l’heure assez limité.

Le Dragon XL manœuvrera jusqu’à LOP-G pour s’y amarrer sans intervention humaine. Le vaisseau cargo offrira un espace de plus aux astronautes, notamment en accueillant les déchets à évacuer. Et transport d’équipage ? on n’en est pas encore là : mais tout comme SpaceX a d’abord commencé à ravitailler l’ISS avant de passer à l’étape d’après, il faudra sans doute que le groupe assure l’approvisionnement de LOP-G avant d’envisager la suite.

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